23 Mars 2003
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Dernier
film vu:Photo obsession (Vidéo) État
d'esprit: Il n'y a pas quelqu'un qui aurait un oreillé à
louer pas cher ?
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Je ne
suis plus installé devant la télé à 18h00 pour
regarder les nouvelles depuis au moins 4 semaines. Je me tiens loin (très
loin même) des chaînes de nouvelles continues lorsque je zappe.
Lors que je sors chercher le journal que mon livreur laisse tous les matins
sur mon balcon, j’évite de regarder la une et je saute rapidement aux
cahiers des arts sans m’attarder à tous les autres cahiers. Je suis
radio phage maintenant, mais quand vient le temps des nouvelles, je me trouve
toujours quelque chose à faire pour éviter de les écouter.
En fait, je préfère la radio aux autres médias, au moins
là, il n’y a pas d’images.
Au salon du personnel, je me suis greffé au groupe qui parle de Star Académie parce que je préfère encore parler de Star Académie que de parler des autres atrocités. Mais hier, le groupe «Star Académie» allait manger au resto et j’avais trop de boulot pour y aller alors, je suis restée avec ceux qui parlaient du reste. Le monde sera dorénavant séparé en deux mondes, ceux qui parlent de Star Académie et ceux qui parlent de guerre. Au bout de quelques minutes de supplices, je me suis levée impatiente pour faire ma vaisselle et un prof m’a accroché. - Tu sais Zuby, c’est pas parce que tu joues à l’autruche et que tu fais semblant qu’elle n’existe pas qu’elle va disparaître cette foutue guerre. - Je ne joue pas à l’autruche, j’ai seulement choisi de ne pas me surexposé. C’est tout. Il avait un air de ceux qui trouvent les autres tellement plus idiot que lui, ça m’a piqué. - Dans la nuit du 11 septembre au 12 septembre, j’ai dormi dans le salon devant la télé allumée. Je regardais tout le temps ces maudits avions s’écraser dans les fenêtres des tours. Toutes les images les plus immondes, je les ai vus. J’ai vu des hommes se jeter des fenêtres, j’ai vu des gens atterrir sur le sol tête la première. J’étais tellement bouleversée, que je n’ai pas pu aller à mes cours le lendemain. Je ne suis pas restée à la maison non plus, je suis allée au Pub de l’université et j’y ai passé la journée juste pour ne pas être seule. - . . . - Sais-tu pendant combien de temps je les ai vus tous les jours, à tout moment sans le vouloir ces crisses d’avions s’écraser dans les tours ? Pratiquement 6 mois. J’ai passé 6 mois à avoir peur et à me dire que le monde ne serait jamais plus pareil. - Mais les avions se sont écrasé une fois, après on a compté les morts. La guerre, c’est continu, c’est politique… - Tu sais, moi je ne souhaite qu’une chose, c’est qu’elle s’arrête. J’en sais assez pour pouvoir répondre aux questions des enfants dans la classe. Mais j’ai pas besoin de savoir combien de gens meurent, comment ils meurent ni où ils meurent. Juste de savoir qu’ils meurent et que c’est terrible, c’est suffisant. J’ai pas besoin de connaître tous les missiles par leur petit nom, j’ai juste besoin de savoir qu’ils font des dégâts terribles et que c’est épouvantable. Je n’ai pas besoin de savoir combien de journalistes font encore les Guignols sous les bombes. J’ai juste envie de leur dire :«Gros niaiseux! Quelle gloire as-tu de filmer la mort ?» - . . . - Me sauver des médias qui me poursuive dans la vie de tous les jours, ce n’est pas facile. J’ai pas besoin d’écouter des collègues qui répètent fidèlement les mots des gros niaiseux… Vous pouvez en parler si ça vous fait du bien. Il faut que ça sorte toutes ces images. Mais moi j’ai pas besoin de faire ça. Heureusement, il n’a pas paru blessé, juste un peu secoué. J’ai fait ma grande litanie sans prendre mon souffler et c’est lui qui semblait essoufflé. - Tu fais ce que tu veux-tu sais. - Oui! J’ai encore cette chance-là. J’ai encore ce pouvoir-là.
Assise dans la vitrine
d’un petit buibui à déjeuner de mon quartier, je scrutais tous
les petits trucs virvoleté dans vent et j’ai eu peur un instant de
voir tomber un flocon de neige. Après quelques secondes, je me suis
reprise en me disant que ce n’était certainement pas avec une température
au-dessus de la barre des 10 degrés que j’allais voir tomber de la
neige. * * *
Je suis terriblement fatiguée
en ce moment. Je dormirais tout le temps. Les journées sont trop courtes
et les nuits aussi. Les petits trucs idiots qui prendraient quinze minutes
à régler si je me donnais la peine s’accumulent à ne
plus finir et je crois que je vais finir par retomber dans des patterns de
procrastination pathologique.
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retour à la maison ||16 mars|| Pour m'écrire