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| Ce que je lis en ce
moment: Les coloriés d'Alexandre Jardin Dernier film vu: Monica la Mitraille (Cinoche Oui ! Oui !) Le calendriers des Girls (DVD) État d'esprit: Esprit ???? Elle a : 16 semaines ET 2 jours |
Je n’osais même pas enlevée mes sandales qui me meurtrissaient les orteils, j’avais peur que ça déclenches un mécanisme qui arrêterait cet effet d’euphorie que je sentais. J’étais tellement « hi », j’avais envie de ressortir et de danser toute la nuit ! Il était 1h00 du matin et je ne me sentais même pas fatiguée !!! Moi qui à 21h00 ne rêve que de me glisser dans mon lit, j’aurais tout donné pour voir le soleil se lever. C’était vendredi soir. Je me suis rendue à mon souper de retrouvaille du collège. Demander à une toute nouvelle maman de faire une sortie officielle, c’est déjà difficile, mais lui demander de se rendre dans une soirée où l’on est scruté à la loupe, c’est alors là INHUMAIN ! Tout le monde qui te regarde et qui se demande « c’est qui dont elle ? » Surtout que depuis, j’ai pris 25 kilos et je n’ai pas une fiche signalétique dans le front qui dit : « j’ai essayé d’arrêter de fumer deux fois et j’ai accouché il y a 3 mois !!! » La veille, j’avais passé deux heures à essayer l’ensemble de ma garde-robe. Je rentre dans tous mes vêtements d’avant grossesse, mais disons que le résultat n’est plus tout à fait le même. Ça pendouille de partout!!!!! J’ai fini avec une jupe que je mets régulièrement et une blouse de maternité qui cache mon bedon mou, mais qui est quand même chic. Mais même avec mes petits bijoux sexy, j’avais autant envie d’aller là que de me faire arracher une dent. Mais j’ai eu un bon réflexe, celui de prendre rendez-vous chez ma coiffeuse juste avant la soirée. Quand je suis sortie de là, j’étais une autre femme. J’avais 5 kilos en moins dans ma tête, j’étais la jeune fille d’avant. Quelques coups de pinceaux à maquillage, un brillant à lèvre discret et je marchais sur un nuage. TOUTES les filles vous le diront, une nouvelle coiffure, c’est encore mieux que du Prozac ! D’ailleurs, ma coiffeuse et moi nous demandons pourquoi ce n’est pas remboursé par la Régis d’assurance maladie. Ça coûterait beaucoup moins cher en médicament ! Finalement, je suis passée chercher mon Japonais de service. C’est mon ancien amoureux de l’époque. Il change de vie, quitte sa vie de geek pour aller enseigner l’anglais au Japon. - Tu ne t’es jamais coiffé comme ça avant ! me dit-il en entrant dans la voiture. Il faut expliquer que la question CHEVEUX a toujours été très délicate entre nous. Avouons-le, c’est une question de cheveux (entre autre) qui nous avait séparée à l’époque. Il ne fait jamais de compliments directement, il faut savoir lire entre les commentaires avec lui. Disons que ma lecture était plutôt flatteuse. Surtout quand il a approuvé quand je lui ai raconté que mon homme (qui ne m’avait même pas vu avec ma nouvelle coiffure) s’était demandé à voix haute s’il faisait bien de me laisser sortir toute seule. Alors j’étais sans ma fille ! Pas de problème de gardienne, elle m’attendrait sagement au lit quand j’allais rentrer. Alors pas besoin de regarder l’heure, pas besoin d’avoir peur que Gaëlle soit enkikineuse (en fait, je souhaitais près que qu’elle le soit un peu avec son papa et non avec une future gardienne)de peur de perdre ma gardienne, pas besoin d’avoir peur que mon cellulaire sonne. La PURE LIBERTÉ ! Pas que la soirée ait été ennuyante, mais c’était loin de l’idée que je m’étais faite d’une soirée de retrouvaille. Bon, c’est vrai, nous étions que 4 de ma promotion et ils étaient deux de la promotion avant nous, c’est-à-dire mon Japonais et mon grand copain avec sa femme qui elle est de la même promotion que moi. J’ai passé la soirée dans du coton doux, à feuilleté nos albums, nos annuaires et les journaux étudiants de l’époque. Nous nous rappelions les bons moments. C’était tellement drôle de lancer un nom comme ça et d’attendre la réaction des autres : - Arck ! Pas elle !!!! - Ah! Oui ! Nous étions allés avec lui faire un sale coup à tel professeur ! - Ouais, j’avais fait un travail d’équipe avec lui ! Il sentait mauvais ! J’ai eu un sentiment bizarre quand j’ai pris un journal comme ça au hasard et que je suis tombée sur la chronique du Japonais où il parlait de moi. C’était encore à l’époque où on se courtisait. On avait pas peur de prendre notre temps, on avait toute la vie devant nous. C’était l’époque où nos projets n’avaient pas encore trop d’importance puisqu’on attendait de vivre avant d’en faire. Ce que je sais maintenant, c’est que c’était en ce temps-là qu’on vivait… quand on avait pas de projet et qu’on aurait eu tout le temps d’en réaliser. Je disais donc que j’étais tombée sur cet article où il parlait de moi, l’air de rien… On se lançait la balle… J’allais les aider à peinturer, il écrivait des remerciements, je prenais des photos pour l’association étudiante, il me courait après dans tout le collège pour les voir, je flânais dans son local d’informatique et il venait me tenir compagnie dans ma chambre noire. C’était comme ça pendant deux mois avant qu’on finisse, le vendredi avant la semaine de relâche, par s’embrasser pour la première fois… Ça fait dix ans de ça… Bon, pour en revenir à ma soirée, nous avions à notre table, un professeur de chimie que je n’ai pas eu. Mais qu’est-ce qu’il en savait des choses sur le collège. Les derniers potins sur les profs, des histoires croustillantes comme des tristes, comme le prof dont le fils est mort pendu en jouant dans sa chambre et qui a bien failli ne pas s’en remettre lui aussi. Ouf… Puis, la soirée s’est terminé. J’ai rembarqué mon Japonais pour le reconduire chez lui. J’étais un peu perdue. J’avais besoin qu’il me guide parce que notre conversation me rendait tellement nostalgique que j’avais du mal à conduire ET à piloter en même temps. On a décidé de poursuivre ça devant un café. Je me rendais compte que finalement, on avait pas mal plus de point en commun que je ne l’aurais pensé. Pour le reste, j’aime mieux ne pas en parler. Pas que ce n’est pas racontable, au contraire, mais j’aime mieux garder nos petites conversations pour moi. J’ai peur de briser quelque chose en les racontant ici. J’ai peur de découvrir qu’elles sont banales alors que dans mon souvenir, elles sont extraordinaires. Je suis rentrée à 1h00 du mat et une chance que M51 était encore debout parce que je crois que je serais ressortie me balader. J’étais dans un état proche de l’Ohio. On a fait l’amour parce que je devais absolument profiter de cette énergie que j’avais, et j’avais bien l’impression que seul ça m’aiderais à m’endormir. ET non, j’ai tenu le coup jusqu’à 3h00 à tournailler dans le lit à la recherche du sommeil. |
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