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Je sentais depuis très longtemps que nous devions avoir une petite discussion tous les deux. Un tas de petits trucs m'embêtaient (jeu de mots). Alors quand il a téléphoné hier, j'ai sauté sur l'occasion. Mais comme les parents de Juliette dorment de l'autre côté de la cloison, pas question de chasse à cour dans ma tanière. Nous sommes donc allés dans la tanière de Léon pour que j'arrose ses plantes. Après quelques temps d'hésitations et de tordage de boyaux, je lui ai fait des aveux. Pas des aveux totals mais simplement lui donner des réflexions que je me fais depuis quelques semaines. J'y suis allée morceau par morceau. Dans un premier temps, que j'étais célibataire depuis déjà longtemps et qu'éventuellement, j'aurais besoin de quelque chose dans ma vie qui n'est pas dans notre contrat et que je ne crois pas qu'il puisse m'offrir et puis, je l'ai rassuré sur lui. Que si quoi que soi changeait entre nous deux, il n'était pas le catalyseur de tout cela mais seulement la situation. - Tu dis un mot, tu fais un geste et moi je disparais. Je voyais bien qu'il ne disait pas ça de gaieté de coeur mais j'étais très touché par sa sensibilité et sa compréhension. Il m'a dit des choses gentilles, qu'il enviait un peu le gars qui pourrait m'offrir ce dont j'ai besoin. Je vous dis cela et mes yeux se remplissent de larmes. J'ai souvent du mal à faire des transitions même si elles sont bénéfiques ou nécessaires, même si elles mèneront à quelque chose de mieux. J'ai du mal avec la rupture des événements : les déménagements, les amis qui s'éloignent, les collègues de boulot qui partent pour mieux. Ça bouleverse mon monde, mon univers. Maintenant que j'y pense, même si je trouve cela difficile ce genre de mise au point, celle d'hier était nécessaire. Pas seulement pour que je me sente bien avec la suite des événements mais pour comprendre que la bête et moi n'avions plus seulement cette relation chasseur-chassée, mais que nous étions devenus des amis. Comme je ne sais pas où s'en va ce bateau qui est ma vie pour le moment, je m'en suis tenue à cette mise au point. Pas d'adieux déchirants. Seulement se remémorer des souvenirs, se dire qu'on s'apprécie, qu'on reste un peu spécial l'un pour l'autre, c'est seulement ce qu'on avait envie de se dire. Il m'a rassuré, me disant qu'on ne se devait rien, que l'entente était qu'il n'y avait pas d'entente, que si je trouvais une voiture qui offrait un meilleur rapport qualité-prix qu'il comprenait que j'achète un nouveau modèle avec toutes les options plutôt qu'une partie des options seulement. (la comparaison m'a fait sourire). Il a regardé l'heure et voilà, il était temps. Il est allé réchauffer la voiture pendant que j'arrosais les plantes qui en avaient bien besoin. Sur le chemin du retour, il ne me lâchait la main dans la voiture, roulant lentement. On s'est encore fait mille et un compliments. Nous étions d'un calme. Comme je l'ai dit plus haut, je ne sais pas de quoi est fait l'avenir et au fond je préfère ne pas savoir, ne pas imaginer demain mais je suis heureuse d'avoir transformer cette chasse à cour en promenade de santé. J'ai senti tout au long de la nuit, mon petit ange gardien sur mon épaule. Elle se tenait là et me soufflait les réponses. Une chose est certaine, j'ai développé quelque chose avec lui qui dépasse la camaraderie, qui frôle l'amitié véritable. |
