14 février2003

Comme mordre dans une mangue

 

 

Je lis en ce moment : Des magazines et des bouquins en éducation

État d'esprit :Je suis épuisée.

Dernier film vu: Comment ma mère accoucha de moi durant sa ménopause

14 février

Je reste convaincue que je fais ce putain de métier pour une unique et seule raison, ces petits moments-là.
Ça me donne l’impression de mordre dans une mangue bien mure en plein hiver. Décidément, les fruits avec moi… Pfff! Ça me marque cette semaine !


* * *


C’était la fin de l’après-midi et les élèves de mon cours d’arts plastiques en avaient aussi marre que moi. Je ne voulais pas qu’ils s’acharnent sur leur production par dépit. Alors je leur ai proposé de faire des dessins que je pourrais afficher sur mon tableau d’affichage du corridor.

Elles dessinaient bien tranquillement quand l’une d’elles m’appela.
- Tu crois que je peux dessiner à mon personnage des … des …

Elle cherchait ses mots tout en faisant mine de tenir deux gros melons devant elle.
- Des … … des …

Moi qui savais trop bien de quoi elle parlait, je n’allais pas la laisser s’en tirer à si bon compte.
- Des quoi ?
- Des … … (en chuchotant) des «Marmelons»!
- DES «MARMELONS» ?!

Un mélange de «melon», de «marmelade» et de «mamelons» pour décrire des seins. Quoi de plus poétique pour une journée de St-Valentin !

* * *


Je me suis rendue comte que j’ai commencé à faire un truc idiot au cinéma : je ris fort et je passe des commentaires tout haut comme si j’étais dans mon salon. Je crois que je ne vais plus assez au cinéma et je regarde trop de film chez-moi. M51 et moi sommes allés au cinéma pour notre St-Valentin. Nous sommes allés voir «Comment ma mère accoucha de moi durant sa ménopause» dans une grande salle de l’Est de la ville.
C’était en fin d’après-midi et j’étais complètement épuisée par ma semaine qui fût tellement difficile.
Pendant tout le temps du film, je n’ai pas arrêté trente seconde
Je ne suis aperçue de rien jusqu’à la fin du film où je me suis levée debout pour sortir et que j’ai vu la tête de mes voisins. Parano me direz-vous, je ne suis pas certaine. Ils me détaillaient en chuchotant.
J’ai fait ce que je fais toujours, j’affronte le commentaire avant d’entendre murmurer dans l’allée «C’est elle qui parlait tout le temps pendant le temps durant le film!»
C’est moi qui l’ai dit :«C’est moi la fatigante qui parlait et riait fort pendant le film.» J’ai vu des regards se baisser et des murmures se taire. Ah! Ah! (FamiliPrix) Je savais bien que j’en avais agacé.
J’ai posé la question à M51dans la voiture en rentrant et bien évidemment, il n’avait rien remarqué.

* * *

15 février


J’avais envie de vous parler de ma patronne ce matin, mais je me suis rendu compte que ça me rendait anxieuse de parler de ça le samedi matin lorsque je suis dans mon pyjama à boire mon café. Alors je vais éviter le sujet pour ce matin si ça vous dérange pas trop.


* * *


Mais je peux vous parler de mes collègues avec qui je m’entends de mieux en mieux. Un soir de cette semaine, j’avais un boulot monstre. Je voulais à tout prix terminer tout ce que j’avais à faire pour être certaine de ne rien rapporter à la maison après.
Je suis descendue au photocopieur à une heure où j’étais certaine que je ne rencontrerais ni la directrice, ni la travailleuse sociale, ni personne qui aurait quelque chose de très très important à me dire.

En remontant, j’ai croisé une collègue que je trouve sympathique, mais avec qui je n’avais pas réellement pris le temps de discuter. Elle m’a demandé si j’allais mieux (j’ai eu une semaine d’enfer et mercredi, j’ai craqué comme une gamine). Je lui ai dit que j’allais mieux et PAF! Les choses ont dégringolés. Nous sommes restées appuyées sur le cadre d’une porte et nous nous sommes mises à placoter et à placoter encore. Comme nous étions dans un lieu passant, toutes les autres enseignantes qui devaient passer par-là pour aller au photocopieur ou pour partir se joignaient à nous et alimentaient la conversation. Toujours est-il que je suis partie avec une montagne de boulot à la maison parce qu’à 17h00, il y a le concierge qui vient balayer ma classe et je crois que je préfère la truffe mouillée de Lalou sur mes beaux pantalons aux conversations insipides du concierge.

* * *


Je crois que je vais reprendre les UV cette semaine. Je croyais que l’auto bronzant ferait un effet similaire, mais je ne crois pas.
J’ai envie et besoin qu’il fasse chaud, j’ai besoin de lumière intense.
Malgré les inquiétudes de certaines lectrices, mon moral ne passera pas à travers une autre semaine de froid intense si je ne lui offre pas une petite séance d’UV. Et pendant ma relâche, je vais aller me faire masser question de ne pas craquer une autre fois.

 

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