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Ce que le lis présentement : Préférez-vous les Icebergs ? de Christine Brouillet Note pour l'auteur: Respirer par le nez à l'occasion ne fait pas de tors
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Quand ce n'est pas l'ordinateur qui déconne, c'est l'électricité qui déconne. Je ne suis pas certaine de pouvoir terminer ce billet à temps avant que l'électricité reparte. Et ils ne font pas ça la semaine quand tout le monde est au travail. Nonnnnnn ! Ils font ça le week-end quand tout le monde se fait cuire des œufs et du bacon pour le petit déjeuner. Et dire qu'ils nous promettent que ça va recommencer...
Je ne m'en cache pas que j'ai un ego et un orgueil gros comme ça et qu'ils sont tous les deux excessivement facilement chatouilleux, qu'ils se bousculent à rien. C'est pas nouveau. Ça me cause des problèmes. Ça faisait des mois que je savais queMO voulait engager une nouvelle gérante avec beaucoup plus de responsabilité. Elle ne supportait plus de travailler 7 jours semaine 12 heures par jour et c'est totalement compréhensible. Elle a eu la présence d'esprit de m'offrir ce poste ainsi qu'aux autres responsables avant de commencer les entrevues. Elle savait que dans mon cas, je refuserais parce que cela signifierait que j'augmente mes heures de travail du tiers et avec l'université et mes stages, c'est impossible. Toutes les responsables et moi s'étions dit qu'on pourrait à la limite se séparer toutes les tâches que MO voudrait déléguer. Mais non, ils ont engagé une nouvelle gérante n'ayant jamais travaillé dans le milieu de la boulangerie. Évidemment que je voyais tout ça d'un très mauvais œil. Je me demandais si elle n'allait pas se mettre à lui déléguer certaines de nos tâches à nous les responsables. J'étais très nerveuse face à cette nouvelle arrivée et je n'osais le dire à MO de peur qu'elle me prenne pour un bébé. Mais hier, cette nouvelle, qui ne connaît encore rien aux magasins, aux habitudes des clients et des employés, s'est mise à me bousculer, à me donner des ordres, presque à me chasser de mes responsabilités. Je comprenais qu'elle veuille prendre sa place dès le départ mais là, c'était d'un ridicule. Les ordres qu'elle me donnait et donnait aux filles n'avaient ni queue ni tête. Elle ne comprenait pas.
J'ai fini par lui dire : Vous ne pouvez pas nous imaginer toute la peine que j'ai ressentie au moment où je me suis mise à penser à ça. Du chagrin mêlé de colère et d'orgueil en mille miettes. J'avais un mal fou à contrôler mes larmes. Toutes les autres responsables qui marchaient autant sur des œufs que moi depuis le matin se sont vites aperçues que quelque chose n'allait pas. Mais par soucie de ne pas influencer les autres à mon propre jugement, je ne laissais aller que de petits commentaires du genre : On me marche sur les pieds et j'ai l'ongle incarné qui me fait mal. Les filles me connaissent assez pour savoir que je parle en parabole et que ça veut dire quelque chose.
Mais l'heure de la pause a sonné pour moi et j'ai craqué. Je me suis mise à me répandre en larme. Je sanglotais et n'arrivais pas à me contrôler.
C'est trop idiot d'avoir un ego et un orgueil si gros et si fragiles à la fois.
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