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Ce que le lis présentement : De retour aux 9 vies d'Edward de Christine Brouillette Coup de coeur: La gérante que je ne supportais n'a pas tenu le coup. ELLE A DÉMISSIONNÉ!!!! |
Regarder la trotteuse des minutes faire de petits pas réguliers. Prendre conscience de mon cœur qui bat petit coup par petit coup. Regarder de la petite mousse pousser dans son nombril. Regarder les mouches qui s'éveillent dans le printemps et qui volent en tous sens fracassant leurs petites fragiles ailles dans les fenêtres. Prendre conscience du jour qui s'éteint alors qu'on ne peut plus distinguer l'horizon. J'ai pris quelques jours de congé d'écriture. Quand j'ai la tête trop pleine, rien ne s'exprime. L'impression d'avoir la tête vide mais c'est le contraire. La tête pleine, pas d'oxygène pour aérer toutes ces idées, pour les lier entre elles, pour les mettre en place. Lorsque j'écris quelques lignes ici, pas une seule d'elles que je ne connaisse par cœur jusqu'aux virgules. Ce que j'inscris ici, c'est un reflet réflexif de moi-même. Lorsque j'écris sur papier, c'est un reflet spontané. J'ai passé les six dernières semaines à réfléchir sur toutes les actions, toutes mes interventions. Quand j'allumais mon ordinateur je me sentais la tête vide ! Épuisée de réfléchir.
À qui pourrait-on en vouloir de souhaiter être une travailleuse acharnée, une étudiante modèle, une professionnelle éthiquement correcte et une amoureuse présente et attentionnée ? Pendant six semaines, j'aurais dû être une femme avec des objectifs multiples. Dans chacune de ces sphères, les personnes que l'on y côtoie ont l'impression que notre vie est compartimentée. Pire, ils ont l'impression qu'on peut ouvrir les tiroirs un à la fois, les refermer et passer au suivant en oubliant presque le précédent. Un seul intervenant est témoin de tous les autres tiroirs, c'est celui qui vit dans la filière "j'ai droit à une amoureuse douce, attentionnée, qui partage ma vie et toutes les responsabilités qui en découlent ". Quand je suis au travail, on ne comprend pas ma fatigue parce que je ne suis là que deux jours semaines. Quand je suis à l'école, on ne comprend pas mon épuisement parce que je suis là, le même nombre de jours et d'heures que les autres. L'amoureux dans la vie mesure ma fatigue par le nombre d'heure où je ne suis pas à la maison. C'est évidemment le seul qui a compris, le sens de tout ça. C'est le seul qui ne m'a pas reproché ma fatigue, mon manque de motivation, mes pieds qui se traînent, mes bâillements de mi-journée. Il ne m'a jamais reproché mes sous-vêtements qui traînent partout, mon antisudorifique oublié sur la table du salon (parce que la table du salon est dans ma trajectoire des trucs oubliés le matin), les trois soupers de spaghetti d'affilés dans une même semaine, mes mines dégoûtées en regardant les cheveux qui traînent dans le font de la baignoire, mes chaussettes dépareillée et mes vieux t-shirts mités dès 17h00 de l'après-midi. C'est lui qui a le plus souffert de cette situation et c'est encore lui qui a le moins rouspété.
Le 20 août 2001, je vais me taper une épouvantable dépression. Après une vie effrénée, comment vais-je survivre à la vie qui arrête ? Après le stage, c'est le voyage en France qui approche. Trois semaines après mon retour, c'est le déménagement. Six semaines plus tard, je me marie... Le 20 août, je vais me taper une super dépression...
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