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MO? C'est ma patronne. Je peux dire que j'en ai claqué des dents et des genoux devant elle. J'avais l'impression que c'était un espèce de monstre de travail infatigable qui n'était là que pour nous engueuler et nous surveiller. Je sais que certains l'avaient surnommé Moose! C'est dire. C'est pour ça que j'ai bien failli défaillir quand elle m'a annoncé que j'allais devenir son assistante. On avait à peine échangé quelques mots depuis que je travaillais là. Elle ne parle pas MO. Elle ne dit même pas ce qu'elle veut et pour le reste, il faut deviner. Mais depuis que je l'assiste, je vais de découverte en découverte. Comme je passe de longues heures enfermée avec elle à faire des inventaires et des commandes de toutes sorte, c'est forcé on ne peut pas faire si on était toutes seules toutes les deux dans quatre mètres carrés. Alors à tout petits pas, à saut de souris, elle me laisse s'approcher d'elle. Parfois, elle me parle d'un truc qu'elle a vue en ville (je me demande quand elle trouve le temps d'y aller, elle est toujours au boulot) ou d'un film qu'elle aurait envie d'aller voir. Parfois elle me raconte à quel point elle a du fil à retordre avec tel ou tel clientes. Et quand elle me parle, elle est toute douce. Le contraste est assez frappant quand on s'y arrête. Je me souviens quand elle m'a annoncé qu'elle partait en vacances (ce qui m'étonne c'est qu'elle n'est pas attendu d'être partie pour me l'apprendre). Je me souviens d'avoir dit au grand patron : J'y croirai quand elle sera portée disparue depuis trois jours. Mon patron m'avait répondu qu'il s'en occupait personnellement. Je ne sais pas s'il en avait marre de la voir là ou s'il était conscient qu'elle avait besoin de vacances et qu'il allait la pousser dans un avion de force s'il le fallait. Deux semaines que ces vacances ont durées. Et je vais vous le dire tout bas pour que personne ne m'entende, elle m'a manqué. Oh! Un tout petit peu. Mais juste assez pour que je me précipite dans son bureau au retour de mon propre congé. Elle était semble t-il heureuse de nous revoir.
Hier, j'étais toute seule de responsable. J'avais l'incroyable impression que MO allait passer toute la journée à me suivre et à passer derrière tout ce que j'allais faire. Surtout qu'on a presque que des nouvelles en ce moment. Les autres filles partent toutes les unes après les autres. Et bien non! Elle avait l'inventaire de juin à comptabiliser dans le bureau. Alors j'ai passé toute la journée à jouer au petit boss. Et j'ai réellement compris ce qu'elle attendait de moi. Elle venait faire un petit tour une fois de temps en temps, me demandait si la troisième guerre mondiale était déclarée : Non mon général! Rien à déclarer! Et elle redescendait dans ses quartiers.
Mais j'en ai bavé un coup. J'ai enfin compris ce qu'elle entendait par fermeté avec les petites
nouvelles. Si tu n'insistes pas, elles ne le feront jamais :
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