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Assise sur la galerie, les yeux dans le vague, respirant l'air frais d'un poumon et grillant une clope de l'autre, je me demandais à quoi servait la vie telle que je la mène. Quoi! Je suis assise là, je savoure le temps qui passe à grandes lampées, je respire de grandes bolées de paix, de sérénité et de tranquillité d'esprit, à quoi bon retourner en ville, là où ça bouge trop à mon goût, là où les camions me réveillent aux aurores, là où le téléphone peut sonner à tout moment. Ça sert à quoi de courir dans tous les sens alors que le véritable sens de la vie se trouve là, entre deux montagnes, la tête dans les nuages?
J'en étais là dans mes réflexions quand quelque chose de froid, humide et
gluant me tomba sur les pieds. Quelque chose qui pourrait avoir vaguement
la forme d'une balle. Les yeux humides, la tête un peu penchée, Lalou
réclamait un compagnon de jeu. Un grelot lointain arrive. C'est Mademoiselle Balanchine qui se promène avec un système d'alarme pour oiseau autour du cou. Comme ça, elle n'est pas importunée par les divers oiseaux qu'elle pourrait rencontrer sur son chemin. Elle vient se frôler sur ma chaise, accepte volontiers quelques petites gratouilles et retourne à sa fuite des oiseaux. Et dire qu'il y en a qui court après le bonheur. Il n'y a qu'à rester assis là, sur cette galerie et à attendre qu'une baballe froide vous tombe sur les pieds.
Après cette heure méditative, c'était le temps de la portion touristique
de cette journée. La dernière fois que j'étais allée rejoindre M51, je n'avais pas eu
l'occasion de monter au sommet de la montagne. Cette fois-ci, je n'allais
pas passer à côté d'une chance pareille. À 14h30, une navette nous attend,
nous allons gravir 600 mètres d'altitude jusqu'au sommet. Mais tout ça se
fera dans une purée de pois pas possible. Mais gardons les yeux ouverts,
peut-être pourrions nous rencontrer une renarde avec ses petits, c'est
chose courante par-là. Tout à-coup, une énorme boule blanche et grise fait
son apparition à quatre ou cinq mètre de nous, c'est l'observatoire
astronomique qui sort du brouillard.
![]() En fait, nous sommes complètement la tête dans les nuages. Le vent est froid. Après une visite des lieux et une animation sur le milieu naturel, on se dirige vers l'observatoire populaire du Mont Mégantic. C'est là que le spectacle fût magnifique. On aurait dit que les nuages avaient orchestré un ballet pour s'ouvrir devant nous afin de nous laisser voir un paysage grandiose. Le soleil brille enfin, les nuages se défont, s'effilochent et se meuvent tout en s'accrochant aux montagnes, l'air de l'altitude pique encore un peu mais le soleil chauffe suffisamment pour qu'on ait envie d'enlever nos manteaux. On entre finalement, tous un peu saoulé du spectacle qu'on vient de voir.
Dans la vie, on est susceptible de rencontrer des petits génies. Moi, je
crois que j'en étais au week-end " Petits génie "! J'ai rencontré trois
enfants qui m'ont fait paraître tellement idiote.
Animateur : Combien d'heures y a t-il dans une journée?
L'auto est morte… Elle est montée au ciel dans un nuage blanc sortant du radiateur.
Y'aurait pas quelqu'un qui aurait vu passer ma baballe?
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