19 juillet
Scène de la vie quotidienne

7h30, faut croire que le réveil est bloqué en permanence sur cette heure là! Il me semble qu'hier matin à pareille heure, il marquait 7h30 quand il s'est mis à beugler.

À taton, je cherche le bouton gris qui lui fermera la gueule. À ma droite, quelque chose bouge. Je repense à une maxime de Gaston Lagaffe : La première gaffe du matin, c'est de ce lever. Une gaffe! Mets-en! Si je me lève, la journée va commencer. Si la journée commence, il va faire un gros trou froid dans le lit. Si la journée commence, il va entrer dans la douche et éventuellement, il va passer la porte pour cinq jours encore.

Si la journée commence, ça veut dire que je vais devoir m'habiller, partir travailler et passer le reste de la journée à travailler. Je vais devoir me taper cette horde de face de bœufs toute la journée quand moi je ne vaux guère mieux.

Plus de 14 mois que je n'ai pas eu plus de 2 jours de congés consécutifs et ça commence à se faire sentir. Sur ces 14 mois, il y a eu quelques semaines sans congé du tout. Dans un mois, deux semaines de vacances.

J'y pense et le réveil se remet à beugler de plus belle! Il y a déjà un gros trou dans le lit à côté de moi. Plus rien contre quoi me blottir pour échapper au petit peu au froid du quotidien. Tout juste un oreiller qui se libère de sa tiédeur.

Il refait son apparition mais tout habillé. Aaaaaaaaaaah! Je n'ai même pas le temps de me sortir des limbes! Le journal s'étale sur mes pieds avec toutes ces horreurs et je me dis qu'on est drôlement bien dans cette île déserte qu'est mon lit. Rien ne peut m'arriver dans mon lit, je suis reine, maîtresse, patronne et toujours heureuse dans mon lit. J'ai toujours le contrôle dans cette mer de tissu, de douceur et de chaleur.

Mon lit est une toile d'araignée qui, ce matin, ne veut pas me libérer. Je suis une mouche qui ne veut pas que la journée commence. L'impression que là, le temps arrête.

J'entends la douche couler et j'ose sortir un orteil pour aller préparer le café de mon amour. Il se prépare à partir et j'ai envie de le garder près de moi. J'en peux plus de le laisser partir. C'est de me piétiner le cœur et l'âme, c'est contre nature que de le laisser partir.

Il sort de la salle de bain avec une serviette autour de la taille et le café est déjà fumant. Je glisse ma main sous la serviette sur ces fesses encore humides. Il n'y a plus rien à faire, c'est la fin, il va partir pour retrouver ses étoiles. Ces maîtresses qui me l'enlèvent toutes les semaines.

La voiture s'éloigne et me laisse grelottante sur le trottoir. Il ne me reste qu'une chose, me retourner sous les draps pour espérer y retrouver une scène de la vie quotidienne dans les parfums et la chaleur de mes draps.




Il y a un an

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