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L'histoire que je vais vous raconter en est une un peu triste. La preuve que l'humanité est peuplée de gens dont il faut se méfier tout de même un peu. Durant les dernières semaines, j'ai dû écrire son nom quelques fois. Béatrice, ma chasseuse d'éléphant. Drôle d'appellation pour une fille qui n'écraserait pas même une mouche mais s'il en dépendait pour quelqu'un qu'elle aime, elle pourrait partir à la chasse aux éléphants. Alors Béatrice se remet tant bien que mal d'une dépression qu'elle a traîné pendant presque un an. Elle a économisé tout l'été pour enfin quitter son douillet nid familiale et reprendre ses études après une pause obligatoire. Elle commençait à réellement reprendre le dessus. Célibataire par choix, elle commençait à l'assumer pleinement et à comprendre ses motivations. La fleure va se rouvrir bientôt.
Il y a une semaine, elle a fait une grimace en voyant un client entrer
dans la boutique : Dans son allégresse, elle a dû lui mentionner où elle travaillait ou donner suffisamment de détails pour qu'il n'ait pas à chercher bien bien longtemps et le charmant garçon en question a refait surface malgré qu'elle n'est pas donné signe de vie ni numéro de téléphone. Elle discute un peu encore comme ça avec lui. Puis, les jours passent et il lui téléphone à la maison. Elle ne se souvient pourtant pas de lui avoir donné sont numéro de téléphone. Il se met à téléphone une à deux fois par jour. Puis quatre à cinq fois puis finalement, toutes les heures de la journée même lorsqu'elle travaille. Quand elle rentre du travail et qu'elle reçoit son appel, il lui demande où elle était et ce qu'elle faisait.
C'est à ce moment que des cloches ont commencé à sonner dans sa
tête. Là encore, il me manque un bout de l'histoire. Mais hier, elle m'annonce qu'elle a dû faire annuler sa carte de guichet parce qu'elle croit l'avoir perdu et me demande de lui avancer les sous nécessaires pour notre soirée de filles prévue pour fêter mes vacances et qu'elle me les rendra le lendemain, une fois passé à la banque pour en récupérer une nouvelle. Comme je n'en suis pas à 20 $ prêt, je lui avance l'argent. C'est une chasseuse d'éléphant complètement démolie que j'ai trouvé à mon arrivée au boulot. Elle venait de réaliser qu'on lui avait prit plus de 500 $ dans son compte. Toutes ces économies de l'été, envolées en fumée. Tous ces sous accumulés si durement en prévision de l'université, plus rien, plus une trace. Elle téléphone d'abord à sa colocataire afin qu'elle téléphone au numéro que le gentil garçon lui avait laissé, mais pas de trace du gentil garçon. Elle essaie de retracer ses appels à lui par l'afficheur, rien à faire, plusieurs cabines téléphoniques et un salon de coiffure. Il ne me reste plus qu'à essayer de la convaincre de porter plainte à la police et de leur avouer qu'elle a des doutes sur l'auteur de ce vol.
- Mais je ne veux pas le faire accuser à tore, si ce n'est pas lui, je
m'en voudrais à mort!
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