17 août 2000
Confiance versus méfiance - triste histoire

L'histoire que je vais vous raconter en est une un peu triste. La preuve que l'humanité est peuplée de gens dont il faut se méfier tout de même un peu.

Durant les dernières semaines, j'ai dû écrire son nom quelques fois. Béatrice, ma chasseuse d'éléphant. Drôle d'appellation pour une fille qui n'écraserait pas même une mouche mais s'il en dépendait pour quelqu'un qu'elle aime, elle pourrait partir à la chasse aux éléphants.

Alors Béatrice se remet tant bien que mal d'une dépression qu'elle a traîné pendant presque un an. Elle a économisé tout l'été pour enfin quitter son douillet nid familiale et reprendre ses études après une pause obligatoire. Elle commençait à réellement reprendre le dessus. Célibataire par choix, elle commençait à l'assumer pleinement et à comprendre ses motivations. La fleure va se rouvrir bientôt.

Il y a une semaine, elle a fait une grimace en voyant un client entrer dans la boutique :
- Qu'est-ce qu'il fout ici celui-là?
Le Celui-là en question est un gars qu'elle a rencontré comme ça, par une soirée d'allégresse un peu trop poussé. Ils avaient discuté assis sur un ban de parc une partie de la nuit. Gentil garçon, bonne culture général, musicien, un peu bohème comme elle les aime, dit être claviériste d'un groupe qu'elle connaît vaguement de nom. Seul ombre au tableau, le gars dit partir pour Vancouver dans les semaines qui vont suivre.

Dans son allégresse, elle a dû lui mentionner où elle travaillait ou donner suffisamment de détails pour qu'il n'ait pas à chercher bien bien longtemps et le charmant garçon en question a refait surface malgré qu'elle n'est pas donné signe de vie ni numéro de téléphone.

Elle discute un peu encore comme ça avec lui. Puis, les jours passent et il lui téléphone à la maison. Elle ne se souvient pourtant pas de lui avoir donné sont numéro de téléphone. Il se met à téléphone une à deux fois par jour. Puis quatre à cinq fois puis finalement, toutes les heures de la journée même lorsqu'elle travaille. Quand elle rentre du travail et qu'elle reçoit son appel, il lui demande où elle était et ce qu'elle faisait.

C'est à ce moment que des cloches ont commencé à sonner dans sa tête.
- Il commence à me faire peur Zuby, il réveille mes colocataires le matin, il me demande des comptes sur mes allés et venues, je ne le trouve plus mignon du tout.
Elle prend alors la décision de le confronter et de lui faire savoir que son attitude ne lui plaît pas du tout. Je ne sais pas comment les choses se sont réellement passées mais je sais qu'elle en était venue à la conclusion que de l'inviter à la maison à prendre une bière alors que ses colocataires seraient là, c'était la solution la moins risquée.

Là encore, il me manque un bout de l'histoire. Mais hier, elle m'annonce qu'elle a dû faire annuler sa carte de guichet parce qu'elle croit l'avoir perdu et me demande de lui avancer les sous nécessaires pour notre soirée de filles prévue pour fêter mes vacances et qu'elle me les rendra le lendemain, une fois passé à la banque pour en récupérer une nouvelle. Comme je n'en suis pas à 20 $ prêt, je lui avance l'argent.

C'est une chasseuse d'éléphant complètement démolie que j'ai trouvé à mon arrivée au boulot. Elle venait de réaliser qu'on lui avait prit plus de 500 $ dans son compte. Toutes ces économies de l'été, envolées en fumée. Tous ces sous accumulés si durement en prévision de l'université, plus rien, plus une trace.

Elle téléphone d'abord à sa colocataire afin qu'elle téléphone au numéro que le gentil garçon lui avait laissé, mais pas de trace du gentil garçon. Elle essaie de retracer ses appels à lui par l'afficheur, rien à faire, plusieurs cabines téléphoniques et un salon de coiffure.

Il ne me reste plus qu'à essayer de la convaincre de porter plainte à la police et de leur avouer qu'elle a des doutes sur l'auteur de ce vol.

- Mais je ne veux pas le faire accuser à tore, si ce n'est pas lui, je m'en voudrais à mort!
- Béatrice, c'est le boulot de la Police. Toi, le tien, c'est de leur dire que tu as des soupçons et ce sera à eux de faire le reste.
Elle a finalement accepté de leur téléphoner. Elle leur a parlé du gentil garçon et ils sont beaucoup plus catégorique que moi, ils sont convaincus qu'elle a été victime d'un fraudeur professionnel. Ils vont mener l'enquête mais en attendant, on ne sait pas si Béatrice pourra récupérer ses économies durement gagnées.




Il y a un an

Il y a deux ans

retour à la maison   ||  16 août   ||  19 août   ||  Le monde avec mes yeux