Qui suis-je Qu'est-ce qu'on raconte sur moi
Ils font ma vie Pour en lire encore


30 août 2001
L'impression d'entrer en catimini

Ce que le lis présentement : Suis retournée au roman qui n'est pas américain finalement mais anglais et qui n'est pas si mauvais que ça finalement...
État d'esprit Fatiguée mais profondément heureuse de ma vie en ce moment.

Avez-vous déjà essayé de raconter à quelqu'un le meilleur film que vous n'ayez jamais vu de votre vie. Ouais ! Un peu comme moi qui essaie de convaincre mes amis d'aller voir "Le fabuleux destin d'Amélie Poulain" qui sortira en salle le 7 septembre prochain chez nous. Bon, vous leur racontez l'histoire ou les impressions que ce film vous a laissez et vous y mettez le plus d'intensité possible, en fait toute l'intensité du monde, même celles dont vous ne vous croyiez pas possible d'exploiter.

Vous tentez de lire sur les yeux de votre interlocuteur que vous avez allumé un éclair, un simple petit feu qui lui brûlera aux fesses jusque dans la salle de cinéma la plus proche. Plutôt que cette béatitude que vous ressentez quand vous repensez aux deux heures que vous avez passé dans le noir, à vous émerveiller de minute en minutes, vous lisez dans ses yeux de l'amusement au mieux, de l'intérêt.

Vous voudriez qu'il ressente l'émotion que vous ressentez à travers vos mots. C'est comme le jeu de Kim. Vous placez un objet dans un sac et les yeux bandés, vous devez deviner l'objet en le touchant seulement. On peut deviner quel objet se trouve sous nos doigts mais on n'aura jamais un portrait complet de cet objet tant qu'on ne le verra pas, et qu'on ne le sentira pas tout en même temps. Les mots ne peuvent transporter des sentiments et des émotions aussi fidèlement que si on le vit.

On s'entend dire une phrase qui me hérisse encore : "Tu verras quand ça t'arriveras". Depuis ce jour, je n'essaie plus de partager à tout prix mes émerveillements et mes grandes compréhensions. Tout au plus je me risque :"Tu DOIS voir ce film !" Je ne peux les prendre par la main jusqu'au cinéma et je peux encore moins leur prêter mes yeux pour qu'il regarde le film avec mon regard.

Un jour, vous croisez cette personne et elle vous dit : "J'ai vu le film!" Vous voyez la petite lumière s'allumer dans ces yeux. Peut-être pas la même lumière mais une tout aussi brillante que la votre. En quelques instants, vous sentez l'écho des pas des émotions que ce film avait provoquer pour venir vous hanter.

Il y a un an

Il y a deux ans

Il y a trois ans

retour à la maison   || 28 Août  || 1 er Septembre   ||  Le monde avec mes yeux