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Si je place ma main, mes doigts à la base de mon sternum, à la naissance de mes seins, là où se soulève ma respiration, c'est chaud, c'est terriblement chaud. Je sorts du boulot et j'ai le cerveau comme de la gélatine. C'était jour d'inventaire. Et dire qu'on attribue cette tâche comme une faveur, une fleur qu'on fait pour récompenser de son bon travail. Je sais que c'est une tâche délicate qui demande beaucoup de doigté et de précision mais c'est tellement machinal.
St-Dalfour, mirabelle, ………………………………14 pots Dans ma bulle, je n'entends même plus le brouhaha des gens qui circulent, qui attendent en piaffant, des portes qui s'ouvrent et qui se referment, des taules qui claquent entre elle. Cinq heures d'abrutissement. L'heure tape enfin et je vais partir pour l'université. Je sors de là, mes gestes sont brusques et imprécis. Je n'arrive à me souvenir si j'ai prévenu de mon départ ou si j'ai même salué quelqu'un. Il n'y a qu'une seule façon de me débarrasser de ce sentiment de brume persistante dans mon cerveau. Je prends place dans l'autobus, j'ai encore quelques bonnes minutes. Me recentrer, penser aux beaux moments de la vie, qu'elle est, malgré toutes les épreuves qu'on peut traverser au quotidien, d'une douceur infinie avec moi. J'ai mes deux jambes, mes deux bras, heureusement encore toute ma tête et coeur qui bat sans omettre un battement. Je suis assise dans l'autobus, je place ma main, mes doigts à la base de mon sternum, à la naissance de mes seins, là où se soulève ma respiration, c'est chaud, c'est terriblement chaud.
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