Qui suis-je Qu'est-ce qu'on raconte sur moi
Ils font ma vie Pour en lire encore


23 novembre 2000
La voix du narrateur

Vous êtes vous déjà arrêtés pour entendre la voix qui se trouve dans notre tête quand nous lisons en silence ? C'est voix qui raconte une histoire dont, la plus part du temps, nous n'en connaissons pas l'issue ? C'est la voix de l'histoire.

La plus part du temps, c'est une voix qui ressemble à la mienne que j'entends. Ma voix dans son registre le plus bas, dans sa tessiture la plus velouté.

Mais souvent, j'entends aussi une voix d'homme, très douce et qui berce.

Pourquoi je parle de cela, c'est parce que j'ai lu une étude que les enfants qui ont du mal à comprendre un texte qu'ils lisent, c'est qu'ils n'entendent pas cette petite voix. Bien voilà, je ne m'étais jamais arrêté cinq secondes pour constater que lors que je lis, j'entends une voix. Une voix qui se répercute dans mon cerveau.

C'est ce que j'appellerais la voix du narrateur. Une voix qui nous raconte une histoire, qui nous berce. C'est la voix qui nous prend par la main et qui nous emmène dans les bas fonds d'une bulle.

C'est la voix qui nous coupe du reste de l'univers quand on s'apprête à entrer dans la vie d'un personnage, quand on s'apprête à devenir un antagoniste de l'histoire.

Mais ma voix en est une toute sombre. Elle ne met pas d'intonations. Elle lit d'une manière toute rectiligne. Parfois, quand l'auteur met des indications comme : … elle me dit de sa voix la plus sautillante, en marquant des pauses fréquentes dans son discourt... il arrivera au narrateur de hoqueter pour imiter la voix. Mais elle ne prend jamais d'initiative. Elle ne mène pas l'histoire. Elle ne fait que l'habiter par sa voix. C'est exactement, elle me permet d'habiter l'histoire.

C'est la voix du narrateur qui reste la liaison entre moi et l'histoire, l'auteur et les pages que je glisse sous mes doigts

Il y a un an

Il y a deux ans

retour à la maison   ||  21 novembre  ||  25 novembre   ||  Le monde avec mes yeux