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Moi qui pouvais me vanter de ne pas avoir été visité par ses nuits courbaturées, par ses feulements rauques, par son nez rouge, par sa tête lourde et douloureuse, par sa toux qui voudrait vous arracher la moitié des organes vitaux. C'est le vilain cancer du rhume. Oh ! Encore ce matin, ce n'est pas grand chose. Et comme je sais comment me soigner, je vais vraiment le faire déguerpir en deux temps trois mouvement mais je ne suis plus une de ces irréductibles qui avait réussi à l'éviter. La seule qui avait réussi à ne pas l'attraper. Même M51 n'y a pas échappé. Et moi j'avais réussi à l'échapper bel. Sauf que mercredi, quand je suis rentrée du boulot, j'ai commencé à me sentir lourde. Une petite heure de sommeil et ça y était. Je retrouvais la forme. Contrairement à son habitude, il n'a pas eu l'air de se loger dans mon nez et mes oreilles cette fois. C'est carrément dans mes poumons. C'est pourquoi j'ai du mal à dormir et que j'ai pu près qu'assister au billet de Jean-Hugue en direct.
Quand je raconte aux gens que je suis Italienne de cœur, de sang et surtout de tempérament, les gens rigolent. C'est vrai que je me sens Italienne. C'est le peuple dont je me sens le plus près après les Québécois. Je rêve de l'Italie, je bouffe de l'italien, je veux apprendre l'italien depuis plusieurs années. Je faisais déjà les pastas. Mais disons qu'équipé comme je l'étais, c'était plutôt du plomb de 200 tonnes qui nous tombait dans l'estomac. Mais avant hier, M51 à céder à mon caprice et on s'est offert la machine pour abaisser les pâtes et les couper. La plupart des gens pensent que faire ses pâtes soi-même, c'est une perte de temps. Qu'on retrouve des pâtes sèches qui font tout aussi bien l'affaire. Mais moi, j'ai toujours préféré les pâtes fraîches parce que sous les tonnes de sauce, elles goûtent franchement meilleure et c'est beaucoup plus délicat sous la dent. Alors, je me suis attablée et avec ma petite chef préférée, on a fait les pâtes. En faite, on faisait des lasagnes parce qu'en ce moment, je rêvais de lasagnes avec des pâtes fraîches (qu'on ne retrouve que dans de véritables restaux italiens et qui vous font un portefeuille avec la peau du cul.). C'est long, c'est très long. Faire la pâte en elle-même, ce n'est pas plus long que de faire une pâte à gâteau. Mais pour la rouler, ce que je perds en courbature à force de rouler, je le gagne en temps. C'est beaucoup plus long mais quelle joie. La pâte est fine et délicate. Les épinards que j'y ajoute, se mêle beaucoup mieux. C'est une pure merveille. La lasagne était à se rouler par terre. Mais mise à part les contributions purement sensuelles d'une telle merveille, c'est le simple bonheur de les préparer. Par un bel après-midi ensoleillé, attablée avec nos tabliers avec de la farine jusque dans les oreilles, c'est mieux que de faire une oeuvre d'art, c'est presque mieux qu'écrire.
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