Qui suis-je Qu'est-ce qu'on raconte sur moi
Ils font ma vie Pour en lire encore


1 er Décembre 2001
Moi qui n'avais jamais creusé de fossé…


Je lis en ce moment : La fiancée de l'enfer de Marie-Christine Brouillet ( et quelques BD du concombre masqué en cachette…) État d'esprit : Ça sert à quoi de se répéter, j'ai l'impression que je vais me sentir fatiguée éternellement… Mais je suis en train de réfléchir au fait que c'est dû à ma personnalité …

Régime : jour 33

Pour qu'il disparaisse…

Je suis en train de me réapproprier mon espace d'électrons recyclés et je commence à recommencer ça écrire ici.

J'ai recommencé à entendre ma petite voix narrative c'est bien agréable. J'ai sûrement eu la même tête que vous quand j'ai entendu parlé de la petite voix narrative. Non, ce n'est pas de la schizophrénie, j'ai posé la même question.

J'ai assisté à une conférence sur le processus d'écriture chez l'enfant et le conférencier m'a expliqué que lui, lorsqu'il marche dans la rue, il y a une petite voix qui narre ce qui se déroule sous ses yeux..

C'est exactement ce que j'ai dans la tête sauf que depuis quelques semaines, je ne l'entendais qu'en de très rares occasions. Il m'a expliqué qu'on a tous cette voix à divers degrés et si elle ne se manifeste pas, c'est qu'on ne lui laisse pas la possibilité de le faire.

Je commence à me réapproprier mes processus d'écriture. Ces grains de sable que je laisse entrer dans une coquille pour que naisse quelque chose, parfois un texte.

J'ai très bien fait de ne pas abandonner.

* * *

Je ne sais pas si c'est d'exprimer ma frustration dans mon précédent billet qui m'a fait ça mais hier, j'ai réussi à ne pas me laisser marcher sur les pieds par ma maître-associée.

C'était rencontre de parents hier et elle s'affairait à régler de petits problèmes de dernière minute et elle n'arrêtait pas de répéter qu'elle détestait être à la dernière minute. Le dire une fois, deux fois, ça va mais elle le répétait après chacune de ses phrases et j'étais sur le point de prendre panique.

Être à la dernière minute, on n'en meurt pas! Quand c'est maladif comme moi, on en souffre mais on n'en meurt pas! À bout de nerf, au lieu d'exploser complètement irritée par sa folie, je lui ai simplement dit :
- Tu sais, être à la dernière minute, c'est l'histoire de ma vie !

Elle s'est mise à me faire un sermon pas possible. Je savais qu'elle me racontait n'importe quoi plutôt que de se remettre en question elle. Elle me disait qu'en enseignement, c'était un très vilain défaut (dans quel métier ce ne l'est pas ?), que ma " professionnalité " allait en souffrir (c'est un objectif de stage) etc.

J'ai laissé passer, j'ai laissé passer comme je fais toujours en avalant un os. J'ai avalé encore mais j'ai fini par recracher de noble façon :
- Je ne crois pas que ça me nuise tant que ça. Est-ce que ça me nuit en ce moment ? Est-ce que mon stage souffre que je sois toujours à la dernière minute ? En quoi tu peux dire que ça me nuit ? Et de toute façon je suis championne dans l'art de me retourner et n'est-ce pas une qualité dans l'enseignement ?

Elle s'est mise à bafouiller et à me dire que je n'avais pas de raisons de me justifier, que ce n'était pas des accusations qu'elle faisait à mon endroit, elle s'est sentie très mal parce qu'elle n'est même pas venue me retrouver pour dîner. Moi, je n'avais même pas l'impression d'avoir triomphé d'elle, j'avais juste l'impression d'avoir mise les pendules à l'heure et c'est elle qui le prend comme un affront.

* * *

Mais les choses se sont un peu gâtées hier. Dans ces attentes de stage, elle avait inscrit qu'elle voulait que je sois ouverte pour des échanges pédagogiques fructueux. Comme on a vraiment un gros problème de communication, ce n'était pas arrivé souvent. Mais hier, on était toutes les deux en train de faire un truc ultra machinal et pour briser la routine, j'ai voulu initier une discussion.

J'avais envie de connaître son avis sur un truc dont nous avions discuté pendant mon séminaire de stage. On a beau pas s'entendre, j'ai toujours respecté l'opinion et je jugement de mes aînés.

J'ai exposé le truc, j'ai donné l'opinion des autres puis le mien. Erreur! Si elle avait pu me piétiner, elle l'aurait fait. Pas moyen de placer un mot. Mmmm! Le jugement! Elle ne me donnait pas une très belle image de jugement mesuré.

J'ai fini par partir. Simplement me lever, attraper ma tasse de café, ramasser mes cahiers de correction et partir. Quand elle m'a vu faire, elle s'est un peu inquiéter.

- Qu'est-ce que tu fais ? On discutait !
- Non, ce n'est pas une discussion. C'est à savoir en combien de temps tu vas m'écraser et combien d'autre personne tu vas écraser sur ton chemin. Ce n'est pas une discussion. Dans une discussion, il y a un échange, tu ne m'écoutes même pas.
- Excuse-moi mais le sujet est venu me chercher. Mais crois-tu tout connaître ? Tu as 25 ans, j'ai 20 ans d'expérience derrière moi !
- C'est tout le temps. Tu n'acceptes pas les échanges. Et ce n'est pas parce que je n'ai pas l'expérience que tu as que ce que j'ai à dire ne mérite pas d'être écouté. J'ai toujours eu beaucoup de respect pour l'expérience et je suis la première à ne pas creuser de fossé de génération. Vous le creusez très bien vous-mêmes.

J'étais en pétard. Je suis partie travailler au laboratoire d'informatique. Ce qui a de bien avec elle, c'est qu'on laisse passer quelques temps, au pire une nuit, et après c'est fini.

Quelques minutes plus tard, elle venait me trouver en catastrophe parce qu'un truc ne marchait pas dans l'ordinateur.

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