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23 décembre 2002
| Je
lis en ce moment : Bridget
Jones, L'âge de raison de Helen Fieldind (je sais,
je sais, pour la sixième fois, mais j'y peux rien! Ça fait
tellement de bien!) État d'esprit : Je vie dans l'urgence, comme si le réveil allait encore sonné demain matin à 5h00. Quand vais-je décrocher? Dernier film vu: Sur la route de Madisson (TV)
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J’allais embarquer dans ma voiture quand il a tourné le coin de la ruelle. On s’est regardé fixement à peine trois secondes et il a continué son chemin. J’étais soulagée. Ou il ne se souvenait pas de moi ou il avait le même sentiment que moi : valais mieux laisser faire. C’était sans doute la première option ou aucun des deux parce qu’une fois montée dans ma voiture, je l’ai vu dans mon rétroviseur revenir en courant en faisant des signes. J’ai ouvert ma fenêtre et il m’a demandé :
J’ai tiré mes cheveux par derrière, comme s’ils étaient longs et attachés :
Il y a eu un long silence. Il a reculé d’un pas comme pour me laisser ouvrir ma porte, mais je suis restée bien assise derrière mon volant. Il s’est penché devant ma fenêtre :
Ark! La question à 20 Cerce stes! Je déteste ça!
Et je lui ai raconté un gros mensonge :
Ça m’est sorti tout seul de la bouche. Je sentais ce besoin de mettre une barrière de plus entre nous pour éviter les phrases du type : Il faudrait bien qu’on se rappelle et qu’on aille prendre un verre ensemble. Ce mensonge, c’était une question de survie.
C’est comme ça qu’il m’avait eu il y a dix ans. C’était maintenant très évident. Un homme de sa stature, de sa force physique, si vulnérable, être capable d’autant d’émotivité. J’en suis consciente aujourd’hui, jamais ne n’aurais été capable de résister à seize ans. Dans d’autres circonstances, aurais-je été plus capable aujourd’hui ? J’ai redémarré la voiture l’air de rien. Je connais son truc. Quand on se défile et que ça ne lui plaît pas, il insulte et je voulais à tout prix éviter cela. Si je faisais ça assez rapidement, il allait peut-être oublier de me demander mon numéro de téléphone, que je ne lui donnerais pas de toute façon.
C’était vrai, je ne pouvais pas toujours mentir.
Je n’allais quand même pas lui dire que j’habitais en face d’où on venait d’avoir une conversation. * * * J’ai parcouru toutes les archives de ce foutu journal pour voir si j’avais déjà parlé d’Henri. D’abords, je voulais savoir quel surnom je lui aurais donné, puis je me suis demandé si je racontais cette histoire, je ne radoterais pas un peu. Comme je n’ai rien trouvé, désolée pour ceux qui connaissent l’histoire : Comme l’anecdote le disait, j’avais seize ans. Je descendais de mon nid douillet pour entrer dans la vie de plein pied. Il était en mal de sensation. Il avait 20 de plus que moi et deux de moins que ma mère. C’est le premier homme qui m’a connu bibliquement. Sa fille avait 6 ans. J’étais
complètement à côté de la track. J’avais
l’impression qu’il m’aimait. Ah! Les illusions. Nous
avons passé l’été à baiser. Arrivé
septembre, j’en pouvais plus. Je l’ai quitté. Ma mère
a du le menacer de le poursuivre pour détournement de mineur pour
qu’il me foute la paix. Depuis, il m’est arrivé de
le croiser sur le plateau et nos rencontres sont des tortures…
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