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Quand elle est venue, maternellement me secouer l'épaule, je savais qu'il était temps d'aller poursuivre ma nuit dans le confort, le lit de maman. Sans rouspéter contre ces quelques minutes qu'on me ravissait à ma déjà courte nuit, je m'y suis rendue sur le pilote automatique. Je n'ai pas trop remué les couvertures comme elle détestait quand j'étais petite quand je venais la rejoindre dans son lit le matin ou lorsque j'avais fait un cauchemar. Je me suis seulement blotti dans sa place encore toute pleine de sa chaleur et de ses parfums de maman chargés de souvenirs. Je ne me suis pas endormie tout de suite. Je me suis laissée aller à des souvenirs habités par les bruits familiers. Il y a six ans déjà que je ne vis plus avec elle mais ces gestes qui me sont rapportés par les bruits, n'ont pas changés. Même ce tintement de la cuillère dans le fond de sa tasse de café est resté le même. Je me suis rendormie sur l'image de ces nombreux matins où je me levais et que je trouvais une ombre dans le noir. Seul le petit cercle rouge incandescent de sa cigarette et le tintement de sa cuillère dans sa tasse.
Ma mère a longtemps travaillé dans la mode avant de s'exiler dans le Nord (elle en est revenue merci !). Quand elle habitait le fin fond des bois, elle se foutait pas mal de la manière de m'habiller. Mais maintenant qu'elle est revenue à la civilisation, j'ai toujours l'impression qu'elle porte un jugement trop aiguisé à mon goût sur ma tenue vestimentaire. Surtout que j'allais chez elle pour faire du ménage. Je l'aime ma mère mais je n'allais certainement pas lui sacrifier mon petit pantalon de lin pour lui faire ses planchers. Alors ce matin, elle décrète qu'elle en a marre de mes vieux jeans. Bon je vous l'accorde, ils commençaient à avoir plus de trous rapiécés et de trous comme tels que de tissus sains. Mais je préférais rouspéter et faire comme s'ils étaient encore très bien que d'aller magasiner aux chic promenade St-Bruno avec elle. Mais disons que cette fois-ci, mes arguments n'étaient vraiment pas très forts. Je croyais que j'allais pouvoir échapper à une séance de magasinage (Mmmmm ! Mon sport préféré) Pour le reste, je préfère me taire parce que je pourrais dire de vilaines choses alors qu'elle ne veut que mon bien et qu'elle me les a offert ces pantalons mais nous habitons deux planètes différentes...
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