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Quitter la maison à l'heure où le reste du monde, un dimanche matin, dort encore. Quitter la maison à l'heure où dans le métro, on ne trouve que des infirmières au teint vert et aux yeux épuisés, quittant le travail pour retrouver leur lit et à l'heure où les exhibitionnistes sévissent (je ne rigole pas, ça m'est arrivé tôt le matin comme ça). Je ne me rappelais pas la dernière fois où j'ai du me lever si tôt le dimanche. Mon corps ne comprenait rien à tout ce remue-ménage si tôt le matin. Station d'autobus au métro Longueuil, 7h30, la ville de Montréal est plus magnifique que jamais sous les feux du soleil levant et l'air est plus vivant que le printemps lui-même. L'île Ste-Hélène se réveille doucement. Je vais rejoindre une vingtaine de jeunes de mon âge (enfin un peu beaucoup plus jeune que moi ) afin de faire valoir notre talent à jouer les idiots et les animateurs de foules. Se lancer partout, se vider de ce que l'on est vraiment afin d'épater la galerie. Prendre sa place au sein d'un groupe, parler fort mais pas trop, écouter sans se laisser emporter, camaraderie sans oublier qu'ils sont tous nos adversaires mais en oubliant pas non plus qu'ils seront peut-être nos collègues pendant deux mois. C'est le lot des entrevues de groupe. On est seul et on est vingt à la fois, nous sommes solidaires et isolés à la fois. Les garçons sont adulés et soutenus alors que les filles se font la guerre entre elles pour les miettes qui resteront. C'est l'histoire de l'humanité qui se rejoue le temps d'une journée. Quand j'ai quitté les lieux, j'étais vidée de toute substance. Toute l'énergie que j'avais se retrouvait donc dans leur dossier dessous mes compétences professionnelles et ma petite photo sortie d'un photomathon le matin même. Le soir, du cidre pour fêter ça. . . Mon sommeil a rouspété toute la nuit et c'est au tour de mon crâne ce matin de me faire savoir que deux petites malheureuses bouteilles de cidre, c'était trop, enfin plus que mon corps ne pouvait supporter.
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