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Dimanche 25 avril (c'est l'anniversaire de quelqu'un mais je ne me souviens plus qui ???) 350 kilomètres plus tard, j'ai le dos et les fesses en compotes d'avoir roulé dans les collines des Cantons de l'Est. Je n'aurais pas voulu prendre le volant, trop préoccupée à savourer les paysages naissants du printemps. De toutes les aventures, je suis. Arthur me connaît bien et sait que je ne peux refuser de partir à l'aventure par un beau dimanche après-midi dans les campagnes québécoises. L'autoroute nous avons pris, avaler des tonnes de bétons. Je m'attendais à ce que nous restions dans les alentours de Montréal, prendre de l'air des montagnes de la Montérégie. Mais le temps de souffler et nous étions déjà à Bromont 75 kilomètres plus loin avec ce que la campagne comporte d'odeur de nature. Copilote j'ai été désignée même si mon sens de l'orientation me permet à peine de me retrouver dans les chics Promenades de St-Bruno sans me perdre même quand il y a un " X " marqué " Vous êtes ICI ". C'est peu assuré que j'ai pris les cartes de la région dans mes mains, la tournant dans tous les sens pour arriver à nous retrouver. C'est à ce moment que Arthur à eu l'idée géniale d'aller à St-Benoît-du-Lac question d'aller chercher des produits artisanaux de la pomme fait des mains et des pieds des moines eux-mêmes que j'aurais apporté en France pour satisfaire leur goût d'exotisme du Québec. Vivons notre goût de l'aventure jusqu'au bout, pas question de reprendre l'autoroute même si le chemin le plus court entre deux points, c'est la ligne droite, nous allions prendre les petites routes les plus pittoresques.
- Là, nous devrions être sur la 104 sud euh ? non, nord Je fais si peu confiance à mon sens de l'orientation qu'à tous les cinq minutes je prenais peur :
- Arthur ! Arthur! Je suis certaine qu'on a manqué l'embranchement pour
la 243 Ouest ! Ça y est, on est perdu ! On est perdu ! Mine de rien, j'ai fini par nous perdre un p'tit peu. Mais ce n'était pas vraiment de ma faute. Quand nous avons trouvé le chemin que nous devions emprunter . . .
- Arthur ! On peut pas aller là ! C'est une entrée de garage ! Ça ne peut
pas être notre chemin ÇA ! Le chemin Moutain c'est avéré une route magnifique dans les montagnes beaucoup plus praticable que les autres que nous avions empruntées jusque là.
Toute cette panique et ces leçons d'orientation en valurent la peine.
Notre arrivée à St-Benoît-du-Lac fût majestueuse. Un monastère situé à
flan de montagne, une vue à couper le souffle. Manque de bol pour les
produits de la pomme, le magasin est fermé le jour du Seigneur. Nous
sommes arrivés pour les Vêpres, les cloches appelaient les croyants au
recueillement. Je ne suis pas croyante mais ces cloches avaient quelque
chose d'envoûtant dans la campagne.
Après deux heures de route sur les chemins chaotiques, je n'avais pas très envie de subir les lamentations catholiques sur les genoux. Nous sommes plutôt allés nous convertir aux derniers chauds rayons de soleil. Nous avons alors fait la connaissance de quelque chose qui pouvait ressembler à un chien. Je l'ai d'abord pris pour un vague cousin d'un ours blanc de l'Arctique mais ce monstre blanc s'avéra être des plus sociables. Sans collier ni médaille, il circulait parmi les pèlerins mendiant quelques caresses. Quand il s'est approché de nous, je n'osais pas trop. J'aime beaucoup les chiens mais quand je parle d'ours polaire, j'exagère à peine. Il m'a reniflé un coup et m'a effrontément appliqué sa grosse patte sur l'épaule. Je lui ai affectueusement gratté quelque chose qui pourrait ressembler à une oreille sous une montagne de poils puis je me suis arrêtée. Sans avertissement, il m'a secoué un peu l'air de dire : " Encore !" Nous sommes restés quelques instants à socialiser avec l'animal indigène qui semblait être loin d'être malheureux, gras comme un voleur et l'oeil brillant. Nous sommes repartis empruntant la route qui longe le lac Mamphrémagog nous arrêtant à peine pour un petit ravitaillement. Et nous repartions pour Montréal avec un creux dans l'estomac mais complètement grisés par notre randonnée. L'aventure, il n'y a que ça. . .
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