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Je passe ma vie avec de petits êtres qui ont une capacité de
concentration de 7 à 12 minutes donc, ma vie est comme un carousselle de
diapositives dont on fait sauter les lattes une à une, les regardant en
se disant: Tiens, c'est vrai, je l'avais presqu'oublié passant
rapidement à la suivante.
* * *
L'Odysée Maximiliène
Il est tout petit mais il est fort comme un boeuf, il parraît un dûr à
cuire mais il sait dire "je t'aime". Ce petit
homme, par le seul fait
qu'il respire dans mon atmosphère, il m'oblige à voir la vie autrement,
réajuster mes explications. Les autres enfants du groupe commencent à se
poser des questions.
- Est-ce que Maximilien est dans notre groupe?
- Non, lundi peut-être qu'il va changer.
- Alors pourquoi il est toujours avec toi? Que tu le tiens souvent dans
tes bras?
J'allais pas lui expliquer qu'il n'y a qu'avec moi qu'il semble vivre un
semblant de vie normal même si c'est provoqué par une petite pillule
blance. C'est simple c'est comme ça. Dès qu'il se retrouve avec moi, il
se calme et devient presque docile. Il n'y a pas d'explications. Je n'ai
pratiquement jamais eu à élever le ton avec lui. Il m'écoute parfois en
rechignant mais reste près de moi. Ma patronne me demande ce que je fais
de plus que les autres mais je n'ai absolument rien a répondre. Comme je
n'avais rien à répondre à cette petit fille qui me demande pourquoi je
leur vol un peu d'attention pour le donner à Maximilien.
- Je te répondrai tantôt, il est pas très loin...
J'espérais en fait qu'elle l'oublie cette question embarassante.
Embarassante par le fait que j'avais l'impression qu'elle était chargée
de reproches. Reproches de lui en donner plus qu'aux autres, de les
délaisser au profilt d'un enfant qui les tape et les blesse. C'est
justifié, elle avait tout-à-fait le droit de me faire ces reproches. Mais
elle ne l'a pas oublié. Dans la salle de toilette, elle m'interpèle en me
disant:
- Il n'est pas là, il est avec Lotus en train de prendre sa petite
pillule
- Bon, ... Maximilien est comment dire, ben tu as remarqué comme il court
le midi, comme il grimpe partout, bien il un peu comment dire...,
différent (est-ce vraiment ça le mot?)
Elle me regardait n'ayant pas l'air de bien comprendre.
- Tu sais sa petite pillule, c'est parce que parfois il fait des
choses... Des choses où il ne fait pas exprès... Il bouge, il bouge et
après il fait quelque chose qu'il ne voulait pas faire. Alors il faut
beaucoup le surveiller pour ne pas qu'il fasse ces choses. Des fois c'est
difficile pour Lotus. Alors je le prends avec moi pour que Lotus se
repose. Il doit rester près de moi, que je le surveille, que je le prenne
dans dans mes bras et ...
- Ah! C'est pour ça! Bon alors, c'est bien, je comprends. Si d'autres me
demandent, je leur expliquerai.
Je suis restée là la bouche ouverte."Si d'autres me
demandent, je leur expliquerai."
* * *
Coup d'adrénaline
Il se roulait par terre. Il criait tellement qu'il n'y avait pas d'air
qui sortait de sa bouche. Les yeux fermés, ses petites mains sur sa
jambe. Que venait-il de se passer? Pas la moindre idée. Personne n'a vu
la scène. Un accident fantôme, que personne n'a vu, pas même les enfants.
Ça tombe sur le petit le plus gentil du monde, le seul enfant que
Maximilen supporte sans frapper ou quand il le fait, il le supporte en
silence en nous disant: " Ne le chicanez pas, c'est pas sa faute!
"
J'ai même cru un moment, qu'il me jouait une petite comédie. Puis j'ai vu
d'énormes larmes apparaîtrent aux coins de ses petits yeux. Il était loin
de jouer la comédie. Il avait une douleur d'enfant, celle qui nous
anéantie en quelques secondes mais qu'on a oubliée quelques secondes plus
tard.
Je lui flatte le front, je lui chuchotte que tout va bien, qu'il doit se
calmer pour qu'il me laisse regarder sa jambe. Rien a faire. Je lui
chuchotte des choses douces. Je finis par être capable de le fixer dans
le bleu des yeux:
- Pousse avec ton pied dans ma main...
RIen à faire, il est incapable. J'ai eu peur. Je suis passée de l'idée de
la comédie jusqu'à l'idée qu'il est le fémur fracturé... J'ai eu peur.
J'ai lentement déplié son genou par petites secousses pour voir
apparaître quelques petites ecorchures superficielles et quelques bleus.
C'est petites écorchures superficielles sont les plus douloureuses. Je
l'ai pris dans mes bras et je l'ai ammené dans le bureau pour qu'on
nettoit tout ça.
- Tu as eu peur ein? mon bonhomme?
- Ouais, et toi aussi ein? Zuby, tu as très peur comme moi, je l'ai
senti...
* * *
Coup de klaxon
Les klaxons se sont tuent aux abords des hôpitaux. Plus moyens d'appuyer
ces femmes, on s'en prend une de 135$ dans la gueule. Y'a de quoi rire,
alors laissez-moi rire...
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