8 juillet
L'Odysée Maximilène ou autres diapositives du genre




Je passe ma vie avec de petits êtres qui ont une capacité de concentration de 7 à 12 minutes donc, ma vie est comme un carousselle de diapositives dont on fait sauter les lattes une à une, les regardant en se disant: Tiens, c'est vrai, je l'avais presqu'oublié passant rapidement à la suivante.

* * *

L'Odysée Maximiliène

Il est tout petit mais il est fort comme un boeuf, il parraît un dûr à cuire mais il sait dire "je t'aime". Ce petit homme, par le seul fait qu'il respire dans mon atmosphère, il m'oblige à voir la vie autrement, réajuster mes explications. Les autres enfants du groupe commencent à se poser des questions.

- Est-ce que Maximilien est dans notre groupe?
- Non, lundi peut-être qu'il va changer.
- Alors pourquoi il est toujours avec toi? Que tu le tiens souvent dans tes bras?
J'allais pas lui expliquer qu'il n'y a qu'avec moi qu'il semble vivre un semblant de vie normal même si c'est provoqué par une petite pillule blance. C'est simple c'est comme ça. Dès qu'il se retrouve avec moi, il se calme et devient presque docile. Il n'y a pas d'explications. Je n'ai pratiquement jamais eu à élever le ton avec lui. Il m'écoute parfois en rechignant mais reste près de moi. Ma patronne me demande ce que je fais de plus que les autres mais je n'ai absolument rien a répondre. Comme je n'avais rien à répondre à cette petit fille qui me demande pourquoi je leur vol un peu d'attention pour le donner à Maximilien.

- Je te répondrai tantôt, il est pas très loin...
J'espérais en fait qu'elle l'oublie cette question embarassante. Embarassante par le fait que j'avais l'impression qu'elle était chargée de reproches. Reproches de lui en donner plus qu'aux autres, de les délaisser au profilt d'un enfant qui les tape et les blesse. C'est justifié, elle avait tout-à-fait le droit de me faire ces reproches. Mais elle ne l'a pas oublié. Dans la salle de toilette, elle m'interpèle en me disant:
- Il n'est pas là, il est avec Lotus en train de prendre sa petite pillule
- Bon, ... Maximilien est comment dire, ben tu as remarqué comme il court le midi, comme il grimpe partout, bien il un peu comment dire..., différent
(est-ce vraiment ça le mot?)
Elle me regardait n'ayant pas l'air de bien comprendre.
- Tu sais sa petite pillule, c'est parce que parfois il fait des choses... Des choses où il ne fait pas exprès... Il bouge, il bouge et après il fait quelque chose qu'il ne voulait pas faire. Alors il faut beaucoup le surveiller pour ne pas qu'il fasse ces choses. Des fois c'est difficile pour Lotus. Alors je le prends avec moi pour que Lotus se repose. Il doit rester près de moi, que je le surveille, que je le prenne dans dans mes bras et ...
- Ah! C'est pour ça! Bon alors, c'est bien, je comprends. Si d'autres me demandent, je leur expliquerai.

Je suis restée là la bouche ouverte."Si d'autres me demandent, je leur expliquerai."

* * *

Coup d'adrénaline

Il se roulait par terre. Il criait tellement qu'il n'y avait pas d'air qui sortait de sa bouche. Les yeux fermés, ses petites mains sur sa jambe. Que venait-il de se passer? Pas la moindre idée. Personne n'a vu la scène. Un accident fantôme, que personne n'a vu, pas même les enfants. Ça tombe sur le petit le plus gentil du monde, le seul enfant que Maximilen supporte sans frapper ou quand il le fait, il le supporte en silence en nous disant: " Ne le chicanez pas, c'est pas sa faute! "

J'ai même cru un moment, qu'il me jouait une petite comédie. Puis j'ai vu d'énormes larmes apparaîtrent aux coins de ses petits yeux. Il était loin de jouer la comédie. Il avait une douleur d'enfant, celle qui nous anéantie en quelques secondes mais qu'on a oubliée quelques secondes plus tard.

Je lui flatte le front, je lui chuchotte que tout va bien, qu'il doit se calmer pour qu'il me laisse regarder sa jambe. Rien a faire. Je lui chuchotte des choses douces. Je finis par être capable de le fixer dans le bleu des yeux:

- Pousse avec ton pied dans ma main...
RIen à faire, il est incapable. J'ai eu peur. Je suis passée de l'idée de la comédie jusqu'à l'idée qu'il est le fémur fracturé... J'ai eu peur. J'ai lentement déplié son genou par petites secousses pour voir apparaître quelques petites ecorchures superficielles et quelques bleus. C'est petites écorchures superficielles sont les plus douloureuses. Je l'ai pris dans mes bras et je l'ai ammené dans le bureau pour qu'on nettoit tout ça.

- Tu as eu peur ein? mon bonhomme?
- Ouais, et toi aussi ein? Zuby, tu as très peur comme moi, je l'ai senti...

* * *

Coup de klaxon

Les klaxons se sont tuent aux abords des hôpitaux. Plus moyens d'appuyer ces femmes, on s'en prend une de 135$ dans la gueule. Y'a de quoi rire, alors laissez-moi rire...




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