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J'ai goûté pour la première fois à une vraie crise de Maximilien. Il est haut comme trois pommes. Il passait la journée avec mon groupe pour voir ce que ça donnait avec les autres. Jamais depuis qu'il est avec nous, je n'ai du régler une crise parce qu'avec moi il n'en fait jamais. La plus part du temps, on me demandait d'agir dans les après-crises ou de les prévenir. On avait préparé un immense jeu dans le gymnase. On avait fermé les lumières et on avait caché des objets dans trois tonnes de papier journal qui étaient dispersés partout. Évidement, les enfants avaient la consigne de rester à quatre pattes. Moi je restais à la porte pour les petits bobos et les têtes cognées genre de chose. Tout-à -coup, je vois arriver Alisée avec Maximilien. Elle le tenait par le gras de l'épaule et lui semblait résister sauvagement à ses petites poussées. J'entendais le caoutchouc de ses espadrilles surchauffer sur les tuiles du plancher.
- Il ne veut pas se mettre à quatre pattes et il marche sur les doigts des autres. Garde-le avec toi. Je me suis mise à sa hauteur et j'ai vu une espèce d'éclaire dans ses yeux quand il a compris qu'il n'y retournerait pas à moins d'accepter de se mettre à quatre pattes.
- Allez, à tout à l'heure ! Il a serré les mâchoires, fermé les poings, je n'ai pas eu le temps de réagir, le coup partait et je le recevais en plein visage. J'ai mis quelques trois longues secondes à réagir et il avait déjà ouvert la porte et s'apprêtait à s'élancer mais je l'ai attrapé sous les bras et l'ai soulevé de terre. Il battait des pieds dans le vide se débattant. J'avais besoin de gagner du temps parce que pour le moment, je ne savais pas du tout quoi faire avec lui. Il se débattait tellement qu'il me glissait des mains comme la savonnette dans le bain. Je l'ai pris comme une poche de patate et l'ai emmené plus loin. Le mieux que j'ai trouvé fût de l'asseoir sur un ban près d'une table et de l'entourer de mes bras. Nous ne faisions pas encore de corps à corps. Il gesticulait comme un fou me criant qu'il voulait y retourner et moi d'une voix que je voulais le plus calme possible lui demandait sur un ton ferme s'il allait se mettre à quatre pattes. Devant son refus et le mien de le laisser partir, je resserrais mes bras autours de lui. Récif, le seul gars de l'équipe, qui lui entendait tout depuis le bureau est venu me demander dans un langage de signe si j'avais besoin d'aide. Dans des gestes de plus en plus nerveux, je lui ai exprimé clairement de retourner d'où il venait. Ça présence n'aurait fait qu'ajouter du drame là où on avait pas besoin d'en mettre plus. Comme j'avais la tête tournée, Maximilien en a profité pour me tirer une mèche de cheveux et de partir à la course avec. Je l'ai rattrapé de justesse avant qu'il ne franchisse les portes qui mènent dehors. Je l'ai pris et me suis écrasée dans un coin. Je n'avais plus d'autres solutions que d'attendre qu'il se clame, d'attendre que la tornade passe. Il continuait à se débattre. Moi j'étais au bord des larmes. Il me rouait de coups. Mais je suis restée assise le tenant fermement. À un moment d'accalmie, j'ai remarqué que son nez coulait.
- Ton nez coule, tu veux qu'on aille le moucher ? La crise était terminée. Il s'est mis à me suivre docilement et à m'écouter. Alizée, passant par-là vint nous trouver et remarqua que je saignais un peu du nez.
- Il ne t'a pas manqué ein ?
Au dîner, je ne le quittais pas des yeux. C'était une très mauvaise journée pour Maximilien. Il courrait dans tous les sens, frappant les autres, se cachant dans tous les coins et raccoins. Je lui ai tourné le dos trente secondes à peine. Il avait réussi à sauter la clôture. Jamais dans ma vie je n'ai couru aussi vite, jamais dans ma vie je n'ai sauté une clôture aussi rapidement. Je l'ai rattrapé par le font de culotte. Sans dire un mot je l'ai ramené dans le parc. Et là, merde, j'ai éclaté :
- Tu es complètement fou!!!! Tu es inconscient ou quoi?????? Tu aurais pu te faire tuer merde! Il est resté silencieux et je ne sais pas ce qu'il s'est passé. Lui qui ne pleure jamais même quand il se fait mal, s'est abattu sur moi comme le désespoir et s'est mis à sangloter :
- Je me serais fait frapper par une auto et je serais mort, tant mieux ! J'ai parlé longuement avec Alizée de la situation. Il devenait dangereux pour lui-même et pour moi. Moi aussi j'aurais pu me faire frapper par une voiture en allant le chercher dans le milieu de la rue.(Je n'y avais même pas pensée). Verdict: il restera avec nous. La semaine prochaine, on me libérera un après-midi pour que je rencontre la pédopsychiatre qui le suit à l'hôpital. Peut-être pourra t-elle m'aider.
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