30 juin
Pas de passions artificielles




Ça sonne comme un titre de chanson, "Pas de passions artificielles" Il me semble que je me mettrais bien ça avec une petite musique kétêne...

Il y a des jours où, assise dans l'autobus où un enfant hurle à la lune, je me dis que cette passion que je crois avoir pour les enfants, est le fruit de mon imagination, une supercherie que je me suis montée de toute pièce. Je suis une fille passionnée, ça me prenait une réelle passion pour survivre et je m'en suis bâtie une. J'ai beau me faire dire que je l'ai l'affaire, que j'ai vraiment le tour, mais quand je vois ma passion s'amoindrir, je ne me donne aucune chance. Ça y est, je remets tout en questi on. J'ai aussi du mal à me mettre dans la tête que je puis être la meilleure, qu'il y en a d'autres qui ont des forces là où dans ma passion, j'ai des faiblesses.

Aujourd'hui, nous sommes allées en excursion avec les enfants. Les choses se sont passées à merveille. J'étais fière de mes petits bouts de choux. Au retour dans l'autobus, je faisais mon boulot d'animatrice, j'animais. À un moment, un enfant me demande s 'il peut venir s'asseoir à côté de moi. Comme à priori, je n'avais aucun argument pour refuser, il est venu scotcher ses petites fesses sur le ban. Il a simplement déposé sa tête contre mon bras. À un moment, je le sentais beaucoup plus lourd. Il s'était endormi. C'est dans ses moments là que je me dis qu'il n'y a pas de passions artificielles. Quel plus beau geste ne peut-on faire que d'abandonner sa vulnérabilité à quelqu'un? C'est là que je me dis que ce sentiment de sécurité que j'offre, sans le voulo ir, aux enfants, je ne peux pas l'inventer. J'ai beau être parfois impatiente, ne pas préparer les activités les plus amusantes, ne pas être la plus drôle, moi j'offre en échange, autre chose qui vient de mes profondeurs. Quelque chose sur lequel je n'ai aucun pouvoir.

Et si je rentre complètement brûlée de mes journées de travail, je n'ai jamais l'impression de me sentir vidé. Je ne ressens plus de vide mais quelque chose qui fait de mes journées, de petites vies en soi.

* * *

J'ai attrapé le rhume. Fallait que ça arrive. J'ai changé de rythme de vie assez radicalement, passant de la petite vie tranquille devant mon ordinateur à une vie faite de courses, de cries, de petits matins prématurés, de petites frustrations aussi (j'ai plus le temps pour rien). Alors mon corps m'a signifié que j'avais fait ça trop vite.

Un petit problème, ma coéquipière aussi a attrapé le rhume. On a l'air belles toutes les deux. Mais ça ne me surprends pas qu'on l'ait attrapé toutes les deux ce rhume. Nous sommes de véritables coéquipières, une équipe du tonnerre. On ne se connaissait p as et maintenant, après seulement trois jours, j'ai l'impression que je pourrais prédire ces réactions. On se complète à merveille et les enfants s'en rendent compte. Elle, plus habile pour le théâtre, les activités calmes et les petits jeux qui demandent plus d'attention et moi, pour les jeux de ballons, de courses et les activités qui demandent davantage d'encadrement et de coordination comme le bricolage. À chacune nos forces et on a su tout de suite les utiliser.

Pour le restant de l'équipe, on est assez fort ensemble. Mais à leurs yeux, je reste la plus vieille, l'expérience qu'on ne doit pas contestée (alors que certaines on plus d'expérience dans le camp de jour que j'anime en fait pour la première fois )pour l es parents, je suis la sérieuse, la responsabilité même (ce qui fâche ma patronne qui a deux ans de moins que moi et qui voudrait bien avoir un peu de crédibilité aux yeux des parents) mais je tente de laisser le plus de place à chacune afin qu'on finisse tous par avoir un peu de crédibilité aux yeux de tous et que chacun finisse par trouver sa place.

Mais j'ai aussi compris que moins ils allaient en savoir sur ma vie privée, mieux j'allais me porter. Alors ils ne connaîtront jamais l'existence de ce journal. Ça sera mon retranchement, mon exutoire à moi.




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