Pouce vert



J'ai cette vilaine manie de donner un caractère humain aux animaux et aux plantes. Je sais que ça porte un nom cette manie mais je n'arrive plus à m'en souvenir.

- Oh ! Regarde ! Il me sourit !

. . . alors qu'il soulève ses jolies babines pour me montrer son vilain croc. Mais depuis quelques années, je fais aussi avec les plantes. À chaque fois qu'arrive le printemps, je prends un temps fou à bichonner toutes mes plantes.

* * *

Samedi dernier, je suis allée chez le botaniste avec Maman-Zuby pour qu'elle fasse une réserve de printemps pour mettre dans son petit appartement. Je faisais le tour, toujours impressionnée par la diversité et cherchant quelques idées pour bichonner mes plantes. Je me suis arrêtée sous une plante que me rappelait vaguement quelqu'un :

- Excusez-moi, est-ce bien des pattes d'ourse cette plante mauve là, au-dessus de ma tête ?
- Ah ! Oui ! Un "setcreasea pallida " ou "Éphémère pourpre ".
Je savais bien que je l'avais rencontrer quelque part celle-là !
- Comment ce fait-il qu'elle fleurisse autant ? Je n'y suis jamais arrivée.
- Pour commencer, quand vous serez prête à la rempoter, rabattez-là du 2/3 et . . .
- Comment ? La rabattre du 2/3 ? Vous voulez la traumatiser ? Pire, la tuer !
- Mais non, ça ne les traumatise pas du tout, ça leur fait un bien énorme !

Je suis repartie complètement abasourdie. Je me grommelais intérieurement :
- Tu verras si je te ratiboise la tête du 2/3 tous les printemps si tu ne seras pas traumatiser toi aussi !

* * *

Alors, ce matin, c'était le grand matin de l'intervention de rempotage et de ratiboisement de la tête du deux tiers. Déjà deux jours que je les préparais psychologiquement.

J'ai commencé par faire comme tous les bons chirurgiens du monde, je me suis mise de la musique question de calmer les esprits. J'ai choisi de les endormir avec Lhasa de Sela question de leur rappeler leur pays chaud natal. J'y suis allée tout doucement question de ne pas les réveiller. Je leur ai offertes une nouvelle maison avec de la nouvelle terre toute fraîche. Et puis clac ! Avant qu'elles n'aient le temps de s'en rendre compte, clac et clac encore ! ratiboisées mais pas du deux tiers. Je sais, je sais, je suis une petite nature mais déjà qu'elles ne ressemblent plus à ces petits bébés que j'avais sauvés d'une mort certain. . .

Mais je n'ai rien jeter. Comment ! Jeter les pauvres petites branches ? J'ai inauguré une petite pouponnière à bouture. Le docteur leur parle, leur chante des berceuses mais surtout, mais surtout, les protège des vilains Raminagrobis qui rodent autour.

- J'ai cru voir un "ros" minet !




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