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Je me suis toujours dit que ce billet là n'était pas fait pour que j'y chiale à coeur de journée. Je chiale déjà suffisamment comme ça dans la vie réelle sans devoir le faire dans la virtuelle. Mais parfois je m'échappe. Je fais la longue complainte de l'âme tyrannisée. Parfois quelques mots pour signaler mon mécontentement, quelques mots pour dire que ça me fais mal. Mais je n'aime pas ça. C'est parfois difficile de faire la constatation que le s choses ne vont plus aussi rondement qu'avant. Qu'on est peut-être moins heureux qu'hier, qu'on ait moins envie de continuer. Mais quand on l'écrit, on se le remet en plein visage. On s'oblige à regarder fixement la réalité. Ce matin, je sens que quelque chose m'échappe. J'aurais envie que quelqu'un prenne la direction de ma barque pour quelque temps. Qu'on me laisse dormir et respirer un peu. J'aurais eu besoin de poser ce morceau de casse-tête d'enfance à Kamouraska mais je déménage. Je vais plutôt encore passer ce week-end à m'inquiéter de l'argent qui n'est pas là, du boulot qui n'arrive pas, j'ai peur de décevoir Léon à l'occasion. J'ai peur de perdre ce que j'ai et de ne pas savoir quoi faire du neuf. Tout ça me reste dans la gorge et je garde la tête haute si possible froide. Pourquoi ai-je l'impression de m'enliser de nouveau comme il y a quelques années et de n'y rien pouvoir faire ? C'est extrêmement désagréable comme sensation. Parfois je me dis q ue c'est parce que c'est septembre qui arrive et que pour moi septembre, depuis bientôt trois ans, à un goût amer. Une très vive impression âcre sur la langue, une langue de chat sur ma peau, un arrière goût de désespoir. Mais peut-être que je m'invente une histoire, rejetant un blâme sur une chimère. Peut-être que le problème est tout simple et qu'il pourrait se régler d'un claquement de doigts. Qui peut le savoir ? Je vais essayer un truc vieux comme le monde qui chasse parfois les idées noires :
Hello, le soleil brille brille brille
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