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Quelques boîtes de carton vides, des cadres au pied des murs, des livres qui n'ont pas trouvé leur place. Se sont les derniers signes de mon déménagement récent. Peu à peu, je m'habitue aux bruits de l'appartement, de mes voisins, de la rue, du quartier. Il m'arrive de tendre l'oreille au beau milieu de la nuit, convaincue qu'on entre chez-moi alors qu'on entre deux étages plus bas. J'apprends tranquillement à ne plus me cogner les hanches sur le coin des meubles et les petits orteils sur les pattes de ces mêmes meubles lorsque je cours pour répondre au téléphone. D'ailleurs, je me demande pourquoi je cours parce que dans un tout petit quatre pièces, on a trouvé le moyen de brancher trois téléphones. Même si j'étais dans le salon (où il n'y a pas de téléphone) j'ai à peine à me lever et faire trois pas, j'attraperai un combiné. J'apprends à vivre avec cette armoire de cuisine qui se fait prier pour rester fermer. Bon, elle se fait prier à coups de poings mais bon. J'apprends à vivre avec ces deux centimètres de jour dans le bas côté de ma porte de chambre et avec cette douteuse tache verte sur le tapis rose. De ma fenêtre de cuisine, je regarde vivre mes nombreux voisins sur leur corde à linge. On peut apprendre des gens seulement en observant leur corde à linge. Des enfants ou pas, homme-femme. Et si on est dans le vent, on peut même connaître l'âge des occu pants (ce qui n'est pas mon cas) Conceta, vieille dame qui habite sous mes pieds et qui dit déjà que je suis une brave fille (si elle savait). Quand je me suis arrêtée quelques minutes sur le palier pour faire les présentations, elle me tenait les mains comme si elle allait y découvrir un secret (si elle savait). Puis il y a ces deux "CHARMANTS" voisins du premier, tous deux étudiants à l'Université de Montréal dont tout le monde parle dans le bloc, comme ils sont beaux, comme ils sont mignons et surtout comme ils sont gentils. (Je ne sais pas s'ils leur disent la même chose sur les deux "CHARMANTES" étudiantes de l'UQAM qui vivre au deuxième depuis le week-end... Toujours est-il que depuis notre emménagement, on a rencontré pratiquement tout le monde sauf eux ! Ah ! Oui, j'ai cru apercevoir une roue de vélo sport mardi mais si peu. Mais ils ne perdent rien pour attendre. Ce qu'ils ne savent pas, c'est que dans ma salle de bain, j'ai une petite fenêtre qui donne dans un puits de lumière. Quand on ouvre cette fenêtre et qu'on se penche pour regarder, on a une vue imprenable sur leur salle de bain, juste au-dessus de la toilette. Et ce qu'il y a de bien dans ce truc c'est qu'ils n'ont pas mis de rideaux à la fenêtre ! Mmmmmm! Les gars... Je m'en voudrais si j'oubliais notre charmante voisine de palier. La fille du propriétaire, celle par qui viennent tous les potins et les commérages du bloc. Loin de vouloir être méchante, elle n'est pas fufut ! On peut lui faire avaler n'importe quoi ! - Ah ! Oui ! En passant Suzanne, hier, en montant une boîte, j'ai voulu prendre la petite rampe et elle m'est tout bonnement restée dans les mains! Je te jure ! ... et elle m'a cru. Elle peut croire que ce trou immense que ça a fait dans le mur, c'est ma seule force herculéenne qui l'a fait ? Bien, si elle est plus fufut que je ne veux bien le croire ou qu'elle veut le laisser croire, je saurai bien un de ces jours! C'est chouette mon appart finalement... Oups! Notre appart...
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