Laissez-moi vous montrer le monde avec mes yeux
Un ami internaute qui écrit des chroniques fantastiques m'a
inspiré ce billet. Son fils, comme beaucoup d'enfant de son
âge se pose beaucoup de questions sur la mort.La tribune de
Rosemont-les-bains
J'ai une passion indéfinissable pour les enfants. L'année
dernière, alors que je travaillais dans une garderie, nous avions
dû tuer (avec de l'ether, pour ne pas être cruels) deux
poussins que nous avions fait éclore dans notre couveuse. Ils
souffraient beaucoup trop. Il fallait donc expliquer la disparition de
ces deux poussins aux enfants et avions choisi de faire avec eux la
cérémonie de mise en terre avec eux. Nous avions
expliqué longuement que la vie de nos poussins s'était
envolée vers le ciel, partie rejoindre la vie du Grand-Père
de l'un et la tante de l'autre. Jusque là, pas de traumatisme
majeur, pas de larme, pas de questions embarassantes, les enfants
semblaient avaler tout notre cinéma. Pas besoin de leur dire
que malgré notre explication, on ne comprend pas tout nous
aussi.Mais ce que nous ne savions
pas, c'est que les enfants sont comme des vaches (pas de panique de
m'explique). Ils gobent tous mais n'avale pas tout de suite, ils ruminent
longtemps et un jour ça revient à la surface.
Au mois de juin, j'ai perdu mon grand-père. Il était malade
depuis longtemps et nous nous y attendions tous mais c'était la
première fois que je perdais quelqu'un que je connaissais, pire
que j'aimais beaucoup.
J'ai dû m'absenter trois jours pour les préparatifs etc.
Lorsque je suis rentrée, la pluspart des enfants jouaient dans le
bac à sable. Ils m'ont tous vu monter les escaliers. Ils
étaient en silence.
Marie-Li:-Ton grand-papa est allé rejoindre les poussins. Il
faut pas être triste.
Petit Simon:-Il va être mieux là-bas, il n'aura plus
mal.
Je suis ressendue et je suis allée m'assoir avec eux dans le bac
à sable.
Lucien:-Pleure pas, nous on est ici!
Je les ai pris dans mes bras tous ensembles (c'est fou comme ont peu
avoir des grands bras parfois)
Ils m'ont remâché tout le baratin mais ça faisait du
bien à entendre...
J'ai compris ce jour là que peu importe la vie, on aime toujours
à la vie à la mort...
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Zubialement Vôtre