Pas de titre

Il y a bien longtemps de ça maintenant, j'ai pris la
décision d'aimer sans retenu à la condition de ne pas avoir
à changer, du moins, le moins possible. Je me suis dit aussi que
c'est bien cool d'avoir chacun son monde d'amis aussi. Alors, quand
j'étais avec prince charmant, mes copines comprenaient
difficilement que je le laisse partir seul avec ses copins un samedi
soir. Mais en échange j'aimais bien que Prince charmant me laisse
vadrouiller en fille. C'était bien, quand on ce retrouvait
à la maison, c'était notre endroit où on se
retrouvait ensemble pour être nous deux. Ne croyez pas qu'ils nous
arrivaient jamais de sortir ensemble ou que je n'accompagnaient jamais
ces messieurs à la chasse aux pitounes sur les terrasses rue
St-Denis ou qu'il me suivait jamais au Pierrot (même en ronchonnant
un peu).
Voilà, ce qui suit n'a peut-être pas de sens maintenant mais
vous comprendrez vite où je veux en venir.
Il y a de ça quelques années maintenant, j'ai
rencontré Marie (nom fictif) au collège. Tout de suite, la
grande camaraderie puis peu-à-peu une amitier mais la vraie avec
un grand A. C'est peu dire, à cet époque, mon copin
était tombé amoureux fou d'elle. Celles qui me lisent vont
me comprendre en sachant que la pire chose qu'une fille puisse faire
à une autre c'est de rendre son copin fou d'amour. Mais même
ça, avec le temps j'avais réussi à lui pardonner
complètement. Sans parler des cent autres vacheries mais bon
passons parceque c'était quand même une fille
généreuse qui était toujours là quand on en
avait besoin et à qui ça me faisait toujours plaisir de
donner un coup de paluche quand besoin était. La fille avec qui je
partage des souvenires qui me font encore mal aux côtes quand j'y
pense tellement on a rit.
L'année dernière, elle avait décrété
que le célibat, y'en avait marre et que pour rencontrer l'homme,
il fallait qu'elle maigrisse. À ce moment, ça seule
fixation était de perdre les trois ou quatre grammes de gras
qu'elle avait en trop à l'époque. Non seulement elle
embêtait tout le monde avec ça, mais faisait culpabiliser
toutes les filles de son entourrage de ne pas avoir sa
volonté...Puis cet automne, elle a rencontré l'homme.
À première vue, l'homme semblait correcte, rigolo
même. Marie, non-fumeuse, avait pris l'habitude de me voler une
cigarette ou deux durant nos soirées de grandes vadrouilles au
Pierrot. Mais un soir que j'avais réussi à la sortir toute
seule, sans son chum, je lui tends mon paquet pour qu'elle se serve. Mais
elle refuse en me disant: Stéphane ne veut pas que je
fume.
Les deux bras m'en sont tombé! À la limite, elle m'aurait
répondu qu'elle ne voulait plus pour sa santé ou
qu'elle n'aimait plus ça parceque ça la faisait tousser,
j'aurais compris mais de donner cette raison me mettait hors de moi.
Puis, on s'est mis à le voir de plus en plus souvent dans nos
vadrouilles du samedi soir, puis plus capable de la voir sans lui. S'en
était tellement ridicule qu'une copine nous avait chuchotté
un soir en les voyant arriver:Tient, madame ne sort dorénavent
plus sans son toutou... Puis, voyant notre malaise avec l'homme, elle
vînt de moins en moins aux vadrouilles de filles:
-Stéphane est fatigué ce soir.
-Ben viens toi! Ça fait longtemps qu'on s'est pas retrouvé
en fille.
-Ben...on a loué un film pis on aime mieux rester ici.
Au début, on avait mis ça sur le compte du tout nouveau,
tout beau.
Puis le toutou ne resta plus le bon 'yable que nous avions crus au
début. Il se mit à faire tout haut des commantaires
franchement désagréables sur toutes et chacunes: ma hanche
un peu rebondit, la coupe de l'autre, les nouveaux pantalons de machin
chouette. Le pire, il se permettait de critiquer nos chums. Quand nous
organisions des soupers en couples on pouvait être certaine qu'a
notre prochaine vadrouille, on aurait droit à ses petites notes
d'appréciation sur nos Princes Charmants respectifs.De plus il se
permettait des familiarités franchement
gênantes: des bouton de blouse qui sautent pendant que tu danses,
des mains baladeuses... Personne n'osaient dire mot parceque nous avions
l'impression qu'elle voyait et que c'est lui qui passerait un mauvait
quart d'heure. Mais non, elle voyait mais trouvait ça trè
drôle et même parfois elle l'encourageait.
La goutte qui a fait d´border la coupe, c'est qu'elle s'est mis
à ce comporter comme lui, passer les même commentaires ultra
désagréables. On en était à prendre des
paris:
Combien vous gagez qu'elle va faire un commentaire sur ma nouvelle petite
robe bleue, ou comment vous gagez qu'elle va trouver que Lucie fume
trop (alors que ça ne la dérangeait pas du tout avant,
d'ailleur ça ne la dérange pas plus mais ça passe
bien au près de Stéphane de le dire)
Bien, hier, la première chose qu'elle a fait lorsqu'elle m'a
apperçu dans ma robe bleue, c'est de faire le signe peu flatteur
d'une grosse femme avec de gros seins et de grosses fesses...J'ai perdu
définitivement mon amie au profit de ce grossier personnage...

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