On a la plus belle Job


Mon père m'a souvent dit:
- Profitez-en pendant que vous ête à l'école. C'est le seul endroit où vous avez le droit de chialer et que si vous êtes assez nombreux à chialer pour la même affaire, vous avez une chance d'être écoutés. Aprés, on passe pour des chialeux qui se pleignent tout le temps...

Depuis une semaine que je me trouve à l'UQAM et j'ai plus entendu parlé des coupures budgetaires que de la mission éducative de l'Université Mais ce matin, j'ai compris pourquoi c'est important de chialer.
J'ai l'habitude d'arriver à l'avance à mon cours. Mais ce matin, ayant pris un peu plus de temps à me maquiller (nuit de cauchemard à effacer), je me suis pointé vers 9h15 (pas en retard). Ben! J'avais déjà plus de place pour m'assoire... 160 étudiants dans un amphithéâtre qui peu en accueillir 110... Il faut donc que CINQUANTE étudiants s'assoient où ils peuvent: dans les marches, parterre devant le bureau du prof, même lui ne sait plus où se mettre. Manque de ressources pour accueillir autant de monde, le prof est incapable de se procurer un micro. Donc les cinq dernières rangés n'entendent absolument rien et placottent tellement fort que les dix autres rangés d'en avant entendent pas plus.
Si quelqu'un pose une question, il faut qu'un autre élève en avant fasse le relai pour le prof qui répond comme il peut et alors une autre étudiant refait le relai pour que les cinq dernières rangés qui n'écoutent même plus entendent la réponse.
Moi je suis assise contre le mur du font complètement à la droite du pro: je ne vois pas le tableau, encore moins le prof. Je fais des dessins dans mon cahier. Nos représentant de l'association se succèdent et nous disent à chacun leur tour qu'il comprennent notre colère et qu'ils font tout en leur pouvoir pour faire changer la situation. Un va même jusqu'à dire qu'il envoit un journaliste dans les prochaînes minutes pour faire l'observation (on y a jamais vu la face au journaliste).
Une fille assise à côté de moi voyant mon découragement, me tire par la manche et me dit:
- Moi je viens de Cuba, un des pays les plus pauvre et une situation comme ça dans une de nos Universités aurait été suffisante pour ameuter tous les journaux de l'île.
Elle n'a jamais vu pire foutoir. Je finis par foutre le camp avant la fin du cours, je perds complèstement mon temps... et mon argent par la même occasion. J'ai bien l'intention d'aller voir si, temps que la situation ne s'améliore pas, me faire rembourcer carrément.



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