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Si je n'avais pas eu de cours ce matin et si je n'avais pas
été certaine d'avoir besoin de toute ma tête et de
toutes mes facultés, je lui aurais sûrement sauté
dessus. En fait, j'avais envie de sortir de ma cachette de petite
fillette sage et me foutre du contexte, de cette peur du:"Mais
qu'est-ce qui va penser de moi???" et de toutes les peurs qui sont en
orbite autour de moi comme des sattelites de protection et de craquer
pour sa peau... Malgré les milles et une attentions qu'il avait pour mon cou et pour ma tignasse bouclée de fausse blonde, j'ai gardé la tête casie froide. Je ne sais pas si c'est mon éducation qui m'a dictée toute cette retenue... Je vais finir par être capable de la foutre parterre cette damnée barrière? Et cette calisse d'insécurité qui m'a poussé à lui demander si nous allions nous revoir... des promesses vides de sens. Mais *ouf*, je ne lui aurais pas fait mal lorsqu'il s'est penché sur moi pour que j'ouvre les yeux... Je suis certaine que l'Ex a une caméra cachée dans ma chambre. Et oui, il a été pris d'une irréristible envie de me téléphoner juste comme je sentais de petits frissons dans mon cou... - Écoute, je ne pourrai pas aller manger avec toi ce midi. Vous vous en doutiez un peu. Mais vous dessidez de ne pas poursuivre la conversation et d'entammer le processus qui a pour but de raccrocher poliment: - Pis toi? Comment vas-tu? Vous avez horreur de lui téléphoner lorsqu'il est avec sa douce parce qu'à ce moment là, il répond à vos questions en monosyllabes ponctuées d'onomatopés peu convaincants. Vous ne voulez pas faire souffrir vos deux victimes plus longtemps. de l'un en lui faisant goûter à sa propre médecine que vous trouvez inhumaine et à l'autre en lui imposant vos roucoulements mielleux que vous adoptez avec l'Ex et qui dans la situation qui nous occuppe, serait fort déplacé. Vous vous retirez de façon direct: - Je ne peux pas te parler longtemps, je ne suis pas seule... Vous sentez l'Ex se liquéfier au bout du fil. Il se confond en excuses et tente de repousser le moment où vous allez raccrocher pour en savoir plus mais vous restez muette. Le bouton enfoncé, vous êtes prise d'une folle envie de crier "Victoire" et de faire une danse complètement folle pour fêter votre explois. Mais un regard, chaud tendre vous cloue à votre siège... |
